Les soignants en première ligne face au burn-out

« L’épuisement professionnel, mieux connu sous le terme de « burn-out », représente un réel problème de santé publique avec des conséquences lourdes pour la santé des travailleurs, des entreprises et de la société. Le secteur psycho-médico-social n’échappe pas au phénomène, ils ont été les premiers impactés.

C’est en 1969 que le mot « burn-out » a été utilisé pour la première fois. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, à l’époque, l’expression était réservée aux employés du domaine de la relation d’aide, très engagés émotionnellement dans leur travail, comme les infirmiers, les médecins, les travailleurs sociaux et les enseignants. Ensuite, dans le début des années 90, la fréquence des problèmes de santé psychologique au travail a augmenté de façon alarmante. De nos jours, ils constituent la première cause d’absence prolongée du travail, couramment appelé «  invalidité de longue durée ».

Difficile d’évaluer précisément le nombre de travailleurs concernés par cette maladie professionnelle mais si l’on se fie aux chiffres d’une étude relativement récente (2010) du Service Public Fédéral Emploi, 19.000 personnes souffrent de cette maladie en Belgique.

Le burn-out, c’est quoi exactement ?

Selon une définition communément admise, le burn-out est «  un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus “normaux”, qui est caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Cet état d’esprit n’est souvent pas remarqué par le travailleur pendant un long moment. Il résulte d’une différence entre les intentions et la réalité du travail. Souvent, les travailleurs entretiennent cet état d’esprit par des stratégies d’adaptation qui sont inefficaces ». (Schaufeli & Enzmann, 1998 )

Selon les psychologues et chercheurs Maslach et Leiter, lorsqu’une personne développe un burn-out, trois choses se produisent : cette personne commence à être épuisée de manière chronique, elle devient cynique et ensuite, elle se sent de plus en plus inefficace au travail.

Un mal-être qui se développe lentement et dure longtemps

Selon les résultats du SPF Emploi tirés d’une étude sur le burn-out au sein de la population active belge, dans 60% des cas, le burn-out est accompagné de troubles du sommeil. Les autres symptômes importants sont une diminution d’énergie (53%), des plaintes neurovégétatives et fonctionnelles (52%), une diminution de la motivation (48%), de l’asthénie (45,7%) et de la frustration (44,4%). Ces symptômes sont les plus fréquents que ce soit pour les cas de mal-être au travail ou pour les formes les plus avancées de burn-out.

Toujours selon cette étude, il est constaté que dans 30% des cas, les symptômes se manifestent depuis plus de 12 mois, ce qui confirme la vision du burn-out comme un processus qui se développe lentement et qui peut perdurer dans le temps. Étant donné que les personnes touchées par le burn-out accordent en général beaucoup d’importance à leur travail, dans les premiers mois, un certain déni des symptômes apparaît. Les signes précoces de burn-out sont donc difficilement diagnostiqués au cours des premiers mois.

Le burn-out, une maladie purement professionnelle

Par ailleurs, dans environ 95% des cas, les symptômes rapportés par les patients sont mis en lien avec le travail par le patient lui-même (87% des cas) ou par le médecin consulté (8%). Ce résultat confirme la perception du phénomène de burn-out comme restreint au domaine professionnel. Le burn-out n’est donc pas à confondre avec la dépression, qui s’étend plus largement dans la vie privée mais il convient aussi de différencier le burn-out de la fibromyalgie et de la fatigue chronique dont l’origine ne se trouve pas forcément dans le travail.

La contrainte qui est le plus souvent mise en lien avec le burn-out est la charge de travail (58% des cas). Les autres contraintes les plus fréquentes sont la pression temporelle (41%), les changements organisationnels (38%), les conflits au travail (37%) et les difficultés au niveau de la conciliation vie privée et vie professionnelle (30%).

Une atteinte à l’éthique professionnelle

Le burn-out n’a pas uniquement des conséquences néfastes sur le bien-être psychologique et physique de l’individu et sur son entourage. Dans les professions de contacts, les personnes avec lesquelles on entre en relation dans le cadre professionnel (clients et patients) peuvent également subir des conséquences négatives. Par ailleurs, il apparaît que le burn-out a un impact important sur la qualité des soins aux patients, sur la prévention des incidents cliniques et sur les erreurs médicales.

Le burn-out s’est davantage répandu ces dernières années et semble lié à l’évolution des conditions de travail. Nombreux sont les employeurs qui n’ont cessé d’accroître la flexibilité du travailleur dans le but d’en maintenir la rentabilité et surtout, de garantir à leur entreprise une certaine compétitivité. Cette évolution a un prix puisque manifestement, elle va à l’encontre du bien-être du travailleur et entraîne chez certains le désormais tristement célèbre burn-out…

« 

Article de Delphine Hotua paru le 15/08/2014 sur http://pro.guidesocial.be/actualites/bien-etre-au-travail-les-soignants-en-premiere-ligne-face-au-burnout.html

Burn-out: ce qui change le 1er septembre!

Extrait d’un article paru le 28 août 2014 sur 
http://pro.guidesocial.be/actualites/ce-qui-change-le-1er-septembre-dans-le-secteu.html

« Le burn-out est reconnu par la loi

Deux nouvelles lois sur les risques psychosociaux au travail entrent également en vigueur le 1er septembre. Dès lundi, le burn-out sera davantage pris en compte par la législation belge. La notion de burn-out apparait pour la première fois dans la loi. La procédure change pour la prise en charge des employés souffrant de burn-out. Désormais, les employés souffrant de burn-out auront le droit de faire une demande d’intervention psychosociale individuelle. Jusqu’à présent, la seule mesure possible était la plainte motivée pour harcèlement. Cette mesure n’était pas adaptée pour les personnes souffrant d’épuisement professionnel.

Désormais, il y a une approche collective des risques psychosociaux. Lorsqu’un employé fait une demande d’intervention pour burn-out et que son conseiller en prévention réalise que d’autres employés sont concernés par ce problème, il alertera l’employeur qui prendra des meures pour faire disparaitre ce risque avec le Comité de prévention et de protection au travail. Cette procédure garantie l’anonymat de l’employé. »

Le burnout chez les psys, un grand tabou

Article paru le 25/08/14 sur le site de Guide Social: http://pro.guidesocial.be/actualites/le-burnout-chez-les-psys-un-grand-tabou.html

Psychological counselLes psychologues, comme le reste du secteur psycho-médico-social, sont particulièrement vulnérables au burnout. Parce qu’ils sont censés savoir comment gérer leurs émotions et celles des autres, les psys n’osent pas parler de ce mal-être. Et les moyens manquent pour les soutenir.

Eclairage avec Moira Mikolajczak, professeur de psychologie de la santé et des émotions à l’UCL.

Le burnout chez les psychologues présente-t-il des particularités ?

La définition du burn-out est la même pour toutes les professions. En revanche, le vécu du burnout par le psy est plus compliqué. Monsieur et Madame Tout le Monde ont le droit – ou en tout cas il est socialement acceptable – de souffrir du burnout. Mais on considère que le psy ne peut pas être touché par le burnout car il est sensé savoir comment résoudre les problèmes. De ce fait, le burnout est vécu comme un échec par les psychologues, qui ont l’impression qu’ils ne sont pas suffisamment bons dans leur profession. C’est un grand tabou dans la profession. Pourtant, le burnout est un signe qu’il réalise bien son métier, qu’il se donne à fond, qu’il est empathique.

Gérer les émotions

C’est tout le paradoxe… Le psychologue doit être empathique sans se laisser submerger par l’émotion, comment s’en sortir ?

En effet, le psy doit être capable de se laisser pénétrer par la souffrance pour être empathique mais il doit aussi se protéger partiellement. En fait, il doit gérer ses émotions. Pour cela, il lui faut des compétences émotionnelles. Tout le monde ne les a pas, ou pas au même degré. Une personne capable de gérer ses émotions peut aussi en cas d’événements de la vie difficiles perdre les pédales face à une charge émotionnelle trop forte.

Cela n’est pas sans impact sur les patients…

Le cadre de déontologie impose que quand un psychologue sent qu’il ne va pas bien, il doit arrêter. Mais il lui est difficile de reconnaître vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres son burnout… Il ne s’agit donc pas de malhonnêteté s’il continue à exercer.

Manque de soutien

Beaucoup de psychologues sont-ils touchés par le burnout ?

Il n’existe pas de chiffre à ma connaissance. Une chose est sûre : les chiffres seront sous-estimés vu la difficulté pour un psy de reconnaître qu’il est en burnout.

Le psy est souvent seul, surtout quand il est indépendant. Cela complique encore la situation ?

Le psychologue hospitalier n’est pas spécialement plus entouré que le psy indépendant. Quelques hôpitaux, organisent des réunions exclusivement entre psychologues mais la plupart du temps, le psychologue participe aux réunions avec tous les soignants. A nouveau, on compte sur lui pour apaiser les autres.

Quelles sont les pistes pour qu’ils s’en sortent ?

Ce qui peut les sortir du burnout, ce sont des espace-temps comme un congé parental. Aussi, les psychologues pourraient bénéficier de formations continues comme les médecins. Ces formations pourraient pourtant être l’occasion de partager leurs expériences et de délier les langues. Certaines associations de psys m’ont déjà contactée, ainsi que d’autres chercheurs spécialisés en compétences émotionnelles, pour donner des conférences sur le sujet. Seul problème : les formateurs ont un prix. Et si les entreprises sont capables de s’en payer, le secteur social lui manque d’argent.

Manon Legrand

Burn out, la descente aux enfers

Testez vos risques liés au burn-out

Burn out, la descente aux enfers

Selon certaines études, entre 5 et 9 % de la population serait au bord de l’épuisement professionnel et menacerait de « griller un fusible » – l’une des traductions admises du mot anglais « burn out ». Ses conséquences peuvent être dévastatrices et personne n’est à l’abri, même si certains facteurs de risque doivent être réunis pour le favoriser. En voici deux témoignages édifiants, dont les auteurs ont souhaité rester anonymes.
Philippe Berkenbaum – Illustration Pascal Lemaître

Jean-Paul, ex-cadre supérieur: «Je n’arrivais plus à me battre»
Ce jeudi matin-là, comme tous les précédents, Jean-Paul (prénom d’emprunt), la quarantaine, participe à la réunion hebdomadaire du comité de gestion de son entreprise, dont il dirige l’un des principaux départements depuis dix ans. Une lourde responsabilité : ce département assure plus de la moitié du chiffre d’affaires de la société. Or, les résultats sont mauvais. « Je sentais monter la pression, raconte cet ancien cadre supérieur. Les chiffres étaient en baisse et le stress de plus en plus présent. Je n’avais plus les bonnes réactions créatives, je n’arrivais plus à me battre, je sombrais dans une sorte d’apathie. J’étais pourtant très investi dans mon travail. Mais j’avais l’impression de surfer, de me laisser porter, déborder. Je n’étais plus à la hauteur. » Depuis des mois, Jean-Paul dort mal. Picole, parfois. Il supporte de plus en plus mal les jeunes collègues qui essaient de le dépasser d’un côté, les dirigeants qui le sermonnent de l’autre : « Y a qu’à faire ceci, il faudrait faire cela… » Jusqu’à ce jeudi fatidique. « J’annonçais une fois de plus des résultats plombés et le départ de deux gros clients, que je jugeais difficiles à remplacer. Mon patron m’a rétorqué que c’était mon boulot. J’ai vu rouge. » Jean-Paul s’emporte violemment. Claque la porte : « Débrouillez-vous sans moi ! ».
Il ne remettra jamais les pieds chez son employeur.

Des idées très noires
C’est le début d’une descente aux enfers. « Du jour au lendemain, j’ai totalement lâché prise. » Pendant un an, ce ne sont que cocktails d’alcool, de médicaments, de séjours en institutions psychiatriques, d’accidents de voiture et d’appels désespérés au milieu de la nuit. Ses proches le soutiennent, lui tendent la main. « Sans mes enfants, j’y serais resté. J’ai eu des idées très noires. » Mais le fait d’être entouré ne suffit pas. « C’est toi qui dois franchir le pas pour remonter la pente. Tu dois te faire violence. Au fond de la piscine, personne d’autre ne peut donner l’impulsion qui te fait remonter. » Le déclencheur fut une nuit en cellule de dégrisement, menottes aux poignets, flanqué d’autres pochards. « L’élément de trop. Je me suis dit : ‘Tu te reprends ou tu te flingues’. J’ai choisi la première option. » Jean-Paul arrête de boire, s’inscrit aux Alcooliques Anonymes. Repart à la conquête d’un emploi – entretemps, il avait perdu le sien. Galère. « Tout le monde savait ce qui m’était arrivé, dans mon milieu professionnel. » Il décroche deux ou trois jobs, rien de comparable avec sa vie professionnelle antérieure. Pas folichon. Jusqu’au jour où il décide de changer radicalement pour devenir prof. Depuis, Jean-Paul revit. « J’ai changé d’échelle de valeurs, je ne pense plus à la carrière ni au salaire. Je me sens plus fort, j’ai retrouvé un équilibre, j’apprécie des plaisirs dont je me privais avant : le sport, les amis… Je suis capable de plaisanter sur ce qui m’est arrivé. Si j’avais eu le cran d’être lucide par rapport à mon insatisfaction professionnelle, si je n’avais pas négligé les signes avant-coureurs, le stress, l’insatisfaction professionnelle, la fatigue, rien ne serait sans doute arrivé. » Il serait parti avant.

Michelle, journaliste: « Le burn out survient quand on ne sait plus dire non»
« J’ai toujours adoré mon métier de journaliste de terrain, raconte Michelle (prénom d’emprunt), journaliste dans un grand média belge. Quand j’ai accédé à des fonctions à responsabilité, je me suis vite ennuyée. Je ne me sentais pas bien. J’avais envie de faire moi-même plutôt que de gérer les autres. L’environnement était très conflictuel, c’était agressif, ça ne me convenait pas. La charge était trop lourde, c’était fatigant, j’étais crevée. »
Survient un événement dans sa vie affective, qu’elle qualifie aujourd’hui d’anodin. À l’époque, c’était un vendredi soir, ça a provoqué un choc émotionnel. « Sur le moment, j’ai ressenti de la colère. Le lundi suivant, je ne me sentais pas bien. Je suis allée travailler mais à midi, incapable de rester, j’ai pris mes affaires et je suis rentrée. Chez moi, je me suis effondrée. J’ai dormi tout l’après-midi. » Le lendemain, Michelle consulte, presque honteuse : « Je me disais : tu n’as rien, c’est ridicule ! » Face au médecin, elle peine à articuler quelques mots avant d’éclater en sanglots. « Il ne lui a pas fallu longtemps pour estimer que j’avais tous les signes de la dépression. Y compris les idées de suicide. J’ai pourtant refusé de voir un psy. Mon médecin me connaissait bien, il ne m’a pas lâchée. Heureusement, parce que c’est là que j’ai plongé. »

Une souffrance invisible
Pendant un mois, Michelle dort tout le temps. Puis elle traverse une période de mal-être profond. « Comme une vague grise qui envahit le corps et le cerveau. J’étais coupée de la réalité, avec l’impression constante de ne pas pouvoir passer la minute suivante. » Il y a de courts moments de répit dans la journée. Et un psychologue, tout de même, qui l’aide « à ressentir les choses ». Michelle vit quatre mois « dans un état critique » mais arrive vaguement à gérer la maison et les enfants. Car la vie continue. « C’est une souffrance invisible, que beaucoup de proches ne comprennent pas ».
Il a fallu 6 mois pour que reviennent « des petits moments de lumière ». Fugaces. Avec une thérapie, le lent processus de reconstruction a pu commencer. « J’ai compris que le burn out survient quand on ne sait plus dire non. On subit. On se dit qu’on est fort, on se ment à soi-même. C’est comme un train fou dont on n’arrive pas à descendre. » Jusqu’à foncer dans le mur. « Il m’a fallu être cassée en mille morceaux pour pouvoir remettre le compteur à zéro. Au bout du tunnel, tu te demandes ce que tu vas faire de ta vie. Si tu parviens à te dire ‘plus jamais ça !’, c’est gagné. »
Plus jamais faire un boulot qu’on n’aime pas. Plus jamais travailler sans plaisir. Plus jamais ne pas se respecter. Plus jamais se demander si les autres automobilistes ont envie, eux, d’aller travailler le matin. Plus jamais rentrer du boulot en pleurant. Huit mois après son départ, Michelle est redevenue journaliste dans le même média. Elle se sent encore fragile. Mais elle a le sentiment de « jouer le bon rôle dans le bon film ». Et quand les larmes viennent, elles sont thérapeutiques. « J’ai retrouvé de la légèreté. »

source: Burn out, la descente aux enfers, Psychologies Magazinehttp://www.psychologies.be/fr/_/vivre-ensemble/travail/burn-out-la-descente-aux-enfers-r720

L’hypnose ou comment guérir les maux par les mots

Article recueilli dans Le Vif du dimanche 23 mars 2014 à 11h37

Woman having a conversation with her therapist on couch in officeL’état hypnotique est un état de conscience modifiée, une forme de concentration en partie consciente. Cette « conscience parallèle » nous permet d’accéder à nos ressources de changement et d’autoguérison. Les explications du Dr. Eric Mairlot.

Le Dr. Eric Mairlot est considéré comme l’un des plus grands spécialistes de la discipline. Ce neuropsychiatre bruxellois découvre l’hypnose voici trente ans, lors de ses premiers stages d’étudiant en médecine. Dans le service de psychosomatique de l’Hôpital universitaire de Genève, il apprend à utiliser l’hypnose pour se guérir (définitivement) de ses migraines, ensuite pour aider ses patients. Passionné par cette thérapie de pointe, il a créé et dirigé pendant vingt ans une consultation d’hypnose à l’hôpital universitaire Brugmann. Il est aujourd’hui à la tête d’un centre de thérapie brève et dispense des formations aux professionnels de la santé à l’hypnose contemporaine comme à toute personne intéressée par l’autohypnose. Explications.

Le Vif/L’Express : Comment définissez-vous l’hypnose ?

Dr. Eric Mairlot : Beaucoup de gens ont peur de l’hypnose, car ils lui prêtent des pouvoirs surnaturels. Avant toute chose, j’insiste : l’hypnose n’a rien de surnaturel ! C’est un état naturel. Il s’agit de l’un des fonctionnements les plus privilégiés que le cerveau possède et qui consiste à établir, parallèlement à la conscience qui est toujours présente, une conscience qui fonctionne de manière non volontaire. Le thérapeute, en s’appuyant sur des techniques de communication spécifiques, aide le patient à découvrir cette conscience involontaire qui permettra in fine d’agir sur le corps, sur les émotions et sur les addictions. Ce fonctionnement cérébral, je le répète, est naturel, et il n’a plus besoin de volonté, car il est plus efficace qu’elle. La volonté permet beaucoup de choses, notamment de progresser, mais elle ne guérit pas.

Il y a eu l’hypnose traditionnelle, « pratiquée » par Freud, puis l’hypnose ericksonienne. Aujourd’hui, on parle de « nouvelle hypnose » ou d’ « hypnose contemporaine »…

Freud utilisait principalement l’hypnose pour aider le patient à retrouver un traumatisme oublié. Il a découvert que lorsque le souvenir était ressuscité sous l’hypnose, ce qui n’était d’ailleurs pas si fréquent, celui-ci n’avait pas nécessairement valeur de réalité. Freud fut donc déçu par cette application de l’hypnose, qui ne lui donnait pas assez de pouvoir. De surcroît, ce n’était pas parce que le patient revivait son traumatisme qu’il guérissait nécessairement. Au bout de neuf ans, Freud a donc abandonné l’hypnose. C’est pourquoi cette vieille méthode hypnotique n’est plus guère utilisée en nouvelle hypnose. Plus tard, le chirurgien écossais James Braid, qui a d’ailleurs découvert l’hypnose bien avant Freud, a compris qu’hypnotiser relevait d’un savoir et non d’un pouvoir. Enfin, on doit à Milton Erickson, psychiatre génial, d’avoir modernisé l’hypnose et d’en avoir développé les techniques, la rendant accessible à tous et pour presque tous les problèmes. La nouvelle hypnose aide le patient à découvrir comment utiliser ses propres ressources de changement, puis comment résoudre d’autres problèmes par l’autohypnose. Elle centre son travail sur le « comment aller mieux » plutôt que sur le « pourquoi ça va mal ». L’hypnose contemporaine utilise les phénomènes hypnotiques de l’hypnose traditionnelle mais pas du tout de la même manière. Actuellement, on n’impose plus l’hypnose. On la propose, on fait des suggestions pour que le patient trouve lui-même la meilleure solution.

Quelle est la différence entre l’hypnose et l’autohypnose ?

On s’est rendu compte que le processus d’hypnose, c’est en réalité de l’autohypnose. Cela explique pourquoi les gens qui ne sont pas motivés ou ne veulent pas entrer en hypnose ne peuvent pas être hypnotisés. L’hypnothérapeute aide le patient à trouver ses propres moyens d’entrer en hypnose. Voici la technique la plus naturelle. En fin de journée, quand on ressent une fatigue ou un coup de pompe, on s’installe confortablement et on se concentre sur cette fatigue pour entrer en état d’autohypnose. Dans cet état, on peut « épuiser » sa fatigue et son stress, autrement dit les évacuer. Ce processus, d’une durée de dix à vingt minutes, offre un ressourcement de trois à six fois supérieur au sommeil nocturne. Il permet de retrouver de l’énergie pour aborder la seconde partie de la journée. Cette technique étonnante, la plus efficace et la plus facile à maîtriser pour évacuer le stress ainsi que d’autres émotions pénibles, ne s’apprend pas dans les livres. Elle nécessite un savoir-faire et un savoir-être que l’on acquiert au contact d’un clinicien d’expérience.

Il y a l’autohypnose positive et négative. Les enfants pratiquent la première. À quel moment et pourquoi bascule-t-on vers l’autohypnose négative ?

Un enfant est en autohypnose positive naturellement et ce, plusieurs fois par jour. Il s’adapte aux difficultés du monde réel, se coupe partiellement de l’extérieur pour métaboliser et digérer la réalité et adapter son comportement. Déconnecté du monde, il rentre dans sa bulle et laisse travailler son imaginaire. Les enfants ont besoin de ces moments d’autohypnose (de quinze à vingt minutes toutes les nonante minutes), car ils font partie du cycle ultradien. Ce cycle est un état de fluctuation de la conscience et peut être comparé au rythme circadien, rythme biologique « veille-sommeil » d’une durée de 24 heures. Sous la pression des parents et des profs qui n’arrêtent pas de répéter : « Tu es en train de ne rien faire », « Ce n’est pas bien », « Fais quelque chose », les enfants désapprennent petit à petit l’autohypnose naturelle positive. Les jeunes adultes perdent ce moyen de lâcher prise, de fonctionner de façon non-volontaire et spontanée. Or, comme le cerveau a besoin de ces états de décompression, il va imposer une autohypnose qui peut être négative, par exemple : « Je me fais une crise de boulimie » ou « Je fume un joint ».

Comment peut-on guérir par l’autohypnose positive ?

La science a démontré que les problèmes comme la boulimie, les phobies, les angoisses, les stress post-traumatiques, certains états dépressifs, les tics, les TOC, les manies, etc. survenaient principalement chez des sujets très « hypnotisables ». En fait, ils utilisent sans en être conscients des phénomènes hypnotiques qui produisent leurs pathologies. Lorsqu’on décrit au patient que ses symptômes sont des fonctionnements hypnotiques, il réalise qu’il ne subit pas sa pathologie, mais qu’il la provoque activement par autohypnose négative. Ainsi, il découvre qu’il peut utiliser ses dons hypnotiques pour guérir par autohypnose positive. Les patients ressentent souvent leurs « crises » comme un « état second » où ils perdent le contrôle. Une crise boulimique complète est un exemple classique. Elle commence à un niveau plus léger lorsque quelqu’un qui commence un paquet de chips, n’arrive plus à s’arrêter avant de l’avoir terminé. En fait, beaucoup de ces sujets sont dans l’hyper-contrôle d’eux-mêmes. Leur cerveau ayant besoin de ces « lâcher-prises », ils produisent alors des autohypnoses négatives à défaut de pouvoir modifier leur état de conscience sereinement, car ils ne connaissent plus l’autohypnose positive qu’ils pratiquaient naturellement dans leur enfance. Il est donc nécessaire de sortir de l’autohypnose négative et la transformer en autohypnose positive.

Quelles sont les meilleures indications de l’autohypnose ?

Les phobies qui ne sont rien d’autre qu’un état hypnotique négatif peuvent être guéries dans près de 100 % des cas, tout comme les attaques de panique, le stress et la majorité des troubles émotionnels. Dans le sevrage tabagique, on obtient 80 % de réussite. On peut aussi traiter l’asthme, les allergies, les migraines. De nombreuses personnes arrivent à mincir par l’autohypnose. Les gens qui ont subi des viols ou des agressions peuvent s’en sortir complètement par l’hypnose. Beaucoup justifient leur incapacité à se libérer d’une dépendance (alcool, tabac, drogue) par la pulsion d’autodestruction freudienne. C’est presque toujours faux. Quand on leur apprend l’autohypnose, un savoir-faire plus puissant que la volonté, et quand ils voient qu’ils ont les capacités de changer, ils trouvent leur motivation et changent. Cela dit, l’autohypnose a bien sûr ses limites, mais celles-ci reculent grâce à la science et à l’expérience.

Par Barbara Witkowska; B.W.

Journée de conférences sur les différents champs d’action de l’autohypnose, 29 mars, de 13 à 19 heures, à l’ULB (bâtiment U, porte D, niveau 2, local 218 A). Conférence « Pourquoi l’hypnose fait peur ? », par le Dr. Eric Mairlot, à 20 h 30, le 28 mars.

L’ancrage : une excellente technique pour ceux qui pensent trop

Attention : la technique que vous allez découvrir peut à elle seule changer beaucoup de choses dans votre vie !

 

ancrage1

Pour qui est l’ancrage ?

Alors déjà, quand je dis que c’est «une technique pour ceux qui pensent trop», en fait je pense qu’elle sera utile pour à peu près tout le monde !

Si vous venez sur ce site pour trouver plus de sérénité, alors vous avez sûrement un grand besoin d’apprendre et surtout de pratiquer cette technique de l’ancrage.

«Ancrage», «être ancré», « s’enraciner »… ça veut dire quoi tout ça??

Etre ancré, c’est être connecté à la terre. C’est se sentir relié. C’est sentir cette connexion profonde qui existe entre nous et la terre, et être dans l’acceptation du moment présent.

Etre ancré, en gros, c’est aussi sortir de ses pensées et prendre conscience de son corps dans son intégralité. C’est donc accepter pleinement son corps tel qu’il est et en prendre soin.

C’est habiter complètement ce corps qui est le notre et accepter de vivre notre vie ici sur terre.

Un synonyme de s’ancrer est s’enraciner. S’ancrer, c’est s’enraciner dans le sol, dans la terre, dans le réel, dans la matière, dans le présent, dans l’ici et maintenant…peu importe les noms que vous utilisez.

S’ancrer, c’est sortir sa conscience de sa tête … et l’installer dans ses pieds.

C’est sortir du monde des rêves, des pensées, de l’imaginaire, du spirituel… et revenir dans le monde terrestre, réel, corporel, le monde de la matière. C’est être pleinement là, dans le monde physique.

Car plus on est dans sa tête, plus on pense.
Et plus on pense, plus on est dans sa tête.
Et plus on est dans sa tête, moins on est ancré.
Et moins on est ancré… moins on est heureux.

Un bon ancrage peut vous apporter énormément.

A quoi ça sert d’être ancré ?

Cela peut vous apporter de nombreux bienfaits, comme par exemple :

  • D’avoir moins de pensées négatives
  • De vous sentir plus en sécurité
  • D’être moins angoissé et d’aborder une crise d’angoisse plus sereinement
  • D’être moins fatigué et d’avoir plus d’énergie
  • De régler certains problèmes de déréalisation ou l’impression que l’on devient fou
  • De soulager tout un tas de problèmes tels que migraines, stress, pensées suicidaires
  • D’être serein ici et maintenant, peu importe l’endroit où vous êtes
  • D’être plus confiant et plus positif, peu importe la situation qui se présente
  • De vous sentir à votre place
  • De lacher prise plus facilement
  • D’accomplir plus facilement vos projets, vos rêves
  • De mieux vous sentir dans votre corps
  • D’accepter la vie et de moins lui résister

La technique de l’ancrage va vous permettre de vous enraciner bien profondément dans le sol, ce qui vous permettra ainsi de ne pas vous faire emporter, chahuter, chavirer… au premier petit coup de vent qui se présente.

En pratiquant l’enracinement, on développe notre sérénité, notre confiance et notre sentiment de sécurité quel que soit l’endroit où nous sommes ou quelque soit la situation que nous traversons ! On se sent plus confiant, et plus solide sur ses pieds. Il y a vraiment une vie «avec» ancrage, et une vie sans.

Vous vous souvenez peut-être, dans l’article «moins d’angoisse grâce à l’instant présent», je vous disais de penser à vos pieds. Et bien c’était pour vous faire sortir de votre tête et vous aider à mieux vous ancrer dans le présent.

Avec la technique de l’ancrage, le but est le même mais on va aller beaucoup plus loin que cela.

Comment faire pour s’ancrer ?

Alors il y a différentes façons de travailler son enracinement et de ressentir tous ces bienfaits. Donc avant de vous parler de la technique d’ancrage, voici déjà un aperçu de plusieurs activités qui vont vous permettre de vous ancrer plus solidement :

comment-s_ancrer

  • Les activités sportives car elles font travailler le corps, élément essentiel de l’ancrage : marche, course …
  • Les amis, l’amour, le rire
  • Les activités de méditation (lire cet article), marche en conscience et toute activité effectuée en pleine conscience
  • Les activités artistiques et corporelles : musique, danse, yoga, Taï chi, Qi qong…
  • Toute activité qui prends soin du corps : massage, relaxation, étirements, cuisine saine…
  • Mais aussi et surtout tout ce qui permet un contact avec la nature : ballade en forêt, à la campagne, en montagne, jardinage, se baigner dans la mer, en rivière…

Vous l’aurez compris : toute activité où le corps et la nature sont impliqués favorise l’ancrage.

Donc dès que votre activité mentale s’emballe un peu trop, vous avez le choix : sortez vous ballader en forêt, jardinez, faîtes des étirements, riez un bon coup, jouez de la guitare, parlez à votre fleur, allez embrasser un arbre (je ne rigole pas)… et si possible, faites cela en pensant à vos pieds !

Plus votre conscience est loin de votre tête, plus vous êtes ancré.
Donc plus vous pensez à vos pieds, et plus vous êtes enraciné.

La technique d’ancrage énergétique par la visualisation

Tout cela est déjà très efficace mais il y a malheureusement des situations ou cela ne suffit pas… Comment faire quand on est quelque part et où planter une rose ou faire un pas de danse ne sont pas dans nos options?

Comment faire quand on est en déplacement, au bureau, ou que l’on doit faire une présentation par exemple?

C’est là qu’intervient la technique d’ancrage énergétique aussi appelé méditation de l’arbre. C’est en fait une simple technique de visualisation mais qui est incroyablement efficace !

Voici la puissante technique que je vous conseille de pratiquer :

Vous pouvez le faire assis ou debout. L’important est d’avoir les pieds bien à plat sur le sol.

Vous pieds sont bien posés sur le sol, et créént un contact puissant avec la terre.

Commencez par effectuer 3-4 mouvements de respiration abdominale pour vous détendre 

Maintenant, les yeux fermés de préférence, vous allez imaginer que des racines sortent de vos pieds et commencent à s’enfoncer dans le sol.

visualisation-ancrage-énergétique

 

Ces racines commencent à vous relier très profondément avec le sol. Si vous êtes assis, ces racines partent non seulement de vos pieds mais aussi des pieds de la chaise, de vos chevilles, de vos cuisses…

Tout en continuant votre respiration profonde, vous imaginez que ces racines vont de plus en plus profondément dans le sol. Elles sont de plus en plus grosses.

A chaque inspiration, vous visualisez l’énergie de la terre qui remonte en vous. Cette énergie arrive de la terre, passe par vos racines, jusqu’à vos pieds, et remonte en vous.

A chaque expiration, vos racines s’étendent encore plus loin et encore plus profond vers le centre de la terre.

Ces racines commencent par englober de plus en plus d’espace, et englobe maintenant votre ville toute entière. Puis votre région tout entière. Votre pays tout entier.

Vos racines englobent maintenant la terre tout entière et vont jusqu’à son noyau. Vous êtes maintenant parfaitement relié avec la terre. La puissante énergie du noyau de la terre remonte jusqu’à vos pieds, puis jusqu’à votre coeur et vous traverse tout entier. Cela vous nourrit et vous donne de la confiance, de la puissance, et de la sérénité.

Là, bien enraciné, bien ancré dans le centre de la terre, vous allez y déposer une intention sur quelque chose que vous souhaitez voir apparaitre dans votre vie.

Par exemple, dans le centre de la terre, vous allez émettre l’intention suivante : « je suis en sécurité, ici et maintenant » (cette intention est très puissante et je l’utilise beaucoup).

Vous vous sentez maintenant profondément relié avec la terre et en totale sécurité.

            _______________________________

Je vous garanti que si vous faites cette exercice une fois par jour pendant ne serait-ce qu’une semaine, vous allez déjà ressentir de puissants bienfaits.

Encore une fois, j’insiste sur un point : plus vous le faites, et plus les résultats seront importants. Et faîtes moi confiance, cet exercice est bien plus qu’un simple exercice de visualisation.

Pour aller plus loin, voici le lien vers un petit livre que j’ai acheté et qui m’a aidé à mieux comprendre l’ancrage, son importance et qui m’a fait découvrir pleins d’autres techniques pour le pratiquer au quotidien :

L’ancrage énergétique de Mary Laure Teyssedre

source : guerir-l-angoisse-et-la-depression.fr

« Mon thérapeute et moi », un article de Raphaël Dugailliez, paru dans l’Agenda Plus N° 245 de Mars 2013

 » Qui n’a pas pensé se faire aider pour résoudre tel problème relationnel, alléger telle préoccupation ou dépasser telle peur ? Et puis, un jour, on fait le pas. On décide d’entreprendre une psychothérapie. Mais il est parfois utile de savoir à quoi s’attendre et quelles sont les caractéristiques et les enjeux d’une relation thérapeutique à la fois saine, noble et professionnelle.

Woman having a conversation with her therapist on couch in officeCela fait quelques semaines que votre vie est agitée comme une boule à neige… Votre mental et votre émotionnel sont incontrôlables comme rouler à vélo sur le verglas, et sur recommandation d’une de vos connaissances, vous avez osé prendre le téléphone pour obtenir un rendez-vous avec un ou une thérapeute [Ndlr : continuons au masculin pour les deux protagonistes par simplicité du langage]. Le rendez-vous est fixé et… …vous voilà dans sa salle d’attente. Tendu ? Authentique ? Timide ? Nerveux ? Curieux ? Réfractaire ? Compliant ?

Il vous ouvre la porte et… comment le percevez- vous ? Son grain de voix, son code vestimentaire, la décoration du lieu, sa façon de vous convier dans son cabinet, son attitude, ses premières questions, sa façon de vous écouter, son mobilier… autant d’impressions qui font écho rapidement à vos points de repères, à vos croyances, à vos antécédents, … Déjà après un premier contact et puis cinq minutes du rendez-vous, la relation s’installe et avec elle ses échos dans les vies de chacun.

Il s’en suivra, selon les courants et les approches, de l’écoute, un questionnement plus ou moins directif, des reformulations et peut-être, le début de séances de thérapie si les parties convergent vers cet objectif. Relation singulière par son côté original, la relation thérapeutique est le théâtre de nombreuses dynamiques. Transfert, contre-transfert, respect du libre choix, empathie, paradoxe, présence de l’humour, fixation d’un cadre, autant d’éléments que ce dossier tentera d’aborder avec cependant l’humilité de ne pouvoir les décrire tous en profondeur ni d’être exhaustif.

La relation thérapeutique n’est pas seulement l’affaire des «psy» mais de toute relation qui implique la notion de la santé. Santé physique, santé mentale. Elle se pratique avec médecins, urgentistes, chirurgiens, à la prise de sang, ou en revalidation après un accident ou une opération. Elle est plurielle et à chaque fois singulière. Elle peut être limpide comme complexe, elle peut cibler des enjeux très concrets comme être beaucoup plus existentielle.
Nous n’aborderons «que» les aspects qui nous paraissent les plus importants dans la relation thérapeutique de la psychothérapie. Mais nous faisons confiance aux lecteurs avertis d’Agenda Plus qui pourront utilement transposer l’essentiel dans les relations où l’art de guérir se distille dans une approche davantage médicalisée.
L’issue de la première séance se profile, il est l’heure de régler la consultation et, peut-être, de fixer un ou plusieurs autres rendez-vous. Comment vous sentez-vous ? A-t-il répondu à vos attentes ? Vos attentes étaient-elles raisonnables ? Avez-vous le sentiment que votre demande a été comprise ou qu’il vous a invité à les prioriser ? Comment vous sentez- vous avec le montant des honoraires ? Quels feed-backs vous a-t-il adressés ? En connaissez-vous plus sur le cadre du travail de thérapie qu’il propose ?
Une relation se construit comme un artisan élabore une étoffe sur un métier à tisser. A force de passage dans les deux sens de la navette, le motif se révèle. Mais quelles seraient donc les matières premières les plus nobles pour constituer une relation thérapeutique de qualité ? Car ici on va parler de soi comme l’on tisse la soie… Tissu ô combien délicat – tout comme notre personne – avec ses multiples reflets, ses noeuds, son côté à la fois sauvage et noble…

La relation comme vecteur de guérison ?
Dans une thérapie, quelles sont les forces qui vont créer le mieux-être ? Est-ce l’intervention du thérapeute ? Est-ce vos déclics à vous, simplement révélés dans un «espace temps» que vous ne vous accordiez pas assez avant ? Est-ce l’interaction entre vous et lui ?
Ce qui semble évident, c’est que pour nombre de personnes qui choisissent une consultation thérapeutique, la qualité de la relation et de l’écoute distingue cette relation de nombreuses autres. Et c’est en ajoutant de la qualité de présence, du temps, de la délicatesse, le secret professionnel, etc. à la relation qu’elle peut être le réceptacle de souffrances, de partages, de questionnements existentiels ou concrets.
De plus, elle n’a pas beaucoup de tabous, sauf peut-être si vous êtes “en amour de votre thérapeute”…
La prochaine séance est programmée mardi matin. Que vais-je lui dire ? Oserais-je partager ce que je ne veux partager avec personne ? Comment recevra-t-il mon vécu ? Autant de questions qui surgissent inévitablement car bien plus que le temps de la séance lui-même, le processus thérapeutique conduit à une introspection, à une humilité, qui s’alimentent et s’entretiennent avec le continuum de la relation thérapeutique.
Depuis Gregory Bateson et ses théories sur la communication, il nous a appris qu’ «on ne peut pas ne pas communiquer». Car ne pas communiquer, c’est en soi communiquer. Même dans les espaces de silence et de blanc qui parsèment les séances, ces moments où le temps est suspendu et où vous ne savez pas à quoi vous raccrocher, ces moments sont parfois si intenses que, dans la sensation de vide, des éléments importants se révèlent.

L’empathie, le contenant de la relation thérapeutique
Son absence tout comme son excès peuvent engendrer certains troubles dans une relation thérapeutique. Son absence assèchera la relation et rendra la relation froide. Son excès pourrait engendrer un manque de neutralité du professionnel.
On pourrait la définir comme la perception du milieu environnant du point de vue de l’autre; elle est intuition vécue de ce qu’éprouve l’autre dans ses états affectifs. Elle est donc compréhension immédiate de l’actualité affective d’autrui, de sa manière d’être au monde.
L’empathie, c’est le réceptacle de la souffrance car, comme nous le partage Vincent Gérard : «La souffrance est intimement liée à l’expérience d’un sujet vivant et échappe en partie aux catégories d’analyse psychologique, sociologique ou autres. Pour le dire autrement, l’individu vivant précède l’individu pensant. La formulation «je pense donc je suis» est incorrecte, c’est plutôt «j’éprouve donc je suis» et «je pense après». Et c’est l’empathie, beaucoup plus que l’intellect, qui a cette capacité d’éprouver ou ressentir la souffrance d’autrui. L’empathie c’est une belle qualité du coeur, un état de disponibilité, un ingrédient existentiel de la relation.

Liberté individuelle et neutralité
L’histoire de chaque personne est très particulière passionnante et à la fois construite sur des bases culturelles, familiales et personnelles très différentes. Alors, comment éviter implicitement de consulter le livre des «solutions toutes faites» pour régler le problème des gens ? Si, écrite telle quelle, cette phrase fait sourire dans la réalité, l’adoption, pour le professionnel, d’une attitude de neutralité, que l’on pourrait qualifier de «non-normalisante», est un défis de chaque instant dans toute relation thérapeutique.
Dans la présentation de son cadre de thérapie systémique et stratégique, Irène Bouaziz nous partage : «Cette façon de concevoir l’interaction et ses protagonistes nous fait adopter, face aux situations qui nous sont présentées, une posture de non savoir et de non vouloir. Nous ne posons pas de diagnostic, pas plus un diagnostic sur le dysfonctionnement d’un individu, qu’un diagnostic sur le dysfonctionnement d’un système. Nous ne définissons, bien évidemment, le problème à la place du patient, ni son objectif et nous n’avons aucune idée sur ce qui pourrait être pour lui une bonne façon de résoudre son problème. Nous n’avons non plus aucune idée, aucune hypothèse sur l’origine du problème. Nous ne voulons pas quelque chose de particulier pour le patient. Quels que soient les symptômes qu’il présente, quelle que soit sa souffrance, nous ne savons pas ce qui serait bon pour lui. Nous n’avons aucune idée de ce qui pourrait être pour lui un nouvel équilibre satisfaisant. Et moins nous savons, moins nous voulons, plus nous laissons au patient la liberté et la responsabilité de décider de sa vie».

Transfert et contre-transfert, l’inconscient mis en jeu côté pile ou côté face
On doit à Freud d’avoir mis en lumière le «transfert» : «La reviviscence de désirs, d’affects, de sentiments éprouvés envers les parents dans la prime enfance, et adressés cette fois à un nouvel objet, et non justifiés par l’être et le comportement de celui-ci» ou encore «Le transfert en psychanalyse, est essentiellement le déplacement d’une conduite émotionnelle par rapport à un objet infantile, spécialement les parents, à un autre objet ou à une autre personne, spécialement le psychanalyste au cours du traitement».
Il est amusant de lire comme Freud, dans son texte «observations sur l’amour de transfert » en 1915, décrit les mésaventures qui peuvent arriver à un jeune analyste inexpérimenté lorsqu’il se trouve aux prises avec les flambées de l’amour de transfert, amour qui est provoqué par la situation analytique elle-même. Il indique donc comment s’y prendre avec cet événement inévitable mais pourtant difficile à gérer. «Parmi toutes les situations qui se présentent, je n’en citerai qu’une particulièrement bien circonscrite, tant à cause de sa fréquence et de son importance réelle que par l’intérêt théorique qu’elle offre. Je veux parler du cas où une patiente, soit par de transparentes allusions, soit ouvertement, fait comprendre au médecin que, comme toute simple mortelle, elle s’est éprise de son analyste. Cette situation comporte des côtés pénibles et comiques et des côtés sérieux… elle est si complexe, si inévitable, si difficile à liquider que son étude est depuis longtemps devenue une nécessité vitale pour la technique psychanalytique.»
Le contre-transfert, lui, est un ensemble de sentiments envers l’analysant, souvent mis en jeu par l’inconscient.
«Tout comme l’ensemble des images, des sentiments et des pulsions de l’analysant envers l’analyste, en tant qu’ils sont déterminés par son passé, est appelé névrose de transfert, de même l’ensemble des images, des sentiments et des pulsions de l’analyste envers l’analysant, en tant qu’ils sont déterminés par son passé [comprenant son analyse], est appelé contre-transfert, et son expression pathologique pourrait être désignée comme névrose de contre-transfert».
Il pourrait en être ainsi pour un thérapeute de la volonté inconsciente de vouloir plaire à ses sujets, lui-même de vivre un sentiment de puissance étant en posture haute dans le cadre, etc. Le contre-transfert pourrait, dans certains cas, être assimilé aux publicités dans une émission de télévision. Il faut savoir les comprendre, les décoder et les laisser passer sans s’y arrêter au premier degré.

Clarté du cadre
Le cadre thérapeutique est défini par le professionnel, selon son approche,

sa personne, sa façon de pratiquer. Cela tient autant à l’endroit où vous vous installez dans le ca

binet, qu’à la gestion du temps ou à la façon de procéder à la prise de rendez-vous.
Déjà au moment de la prise de rendez-vous, souvent par téléphone, certains éléments succincts du cadre thérapeutique sont présentés car ils sont des éléments qui ba

lisent la relation thérapeutique. Non conventionnés puisque non remboursés par l’INAMI, la plupart des thérapeutes n’ont pas les mêmes honoraires, ni les mêmes durées de consultation. Oser aborder la question des honoraires au moment de la prise de rendez-vous, ce n’est pas être radin, c’est simplement être bien enraciné et bien organisé.
A l’issue de la première séance, idéalement, il serait pertinent que vous

sortiez en connaissant l’essentiel du cadre. Modalité d’annulation d’une séance, planification des priorités pour organiser les prochaines séances, durée escomptée de la thérapie selon vos objectifs, tarifs, etc…

http://www.psychotherapeute.be/CODE

Stratagème
Les différents courants de psychothérapie utilisent des «stratagèmes» pour accompagner et faciliter le changement que le sujet demande. Ne diton pas que «le meilleur des scalpels peut aussi bien soigner que faire des dégâts» ? Les stratagèmes, sans une puissante bienveillance, sont des artifices à manier avec délicatesse, et pour la personne qui consulte, il est parfois surprenant de s’entendre suggérer, pour avancer dans la résolution de telle demande, d’amplifier un symptôme. Et pourtant la pratique a largement prouvé l’usage et l’efficacité des artifices.

Une relation en tension
La relation thérapeutique n’est pas à l’abri de certaines tensions car elle requiert une grande humilité de part et d’autre pour permettre les changements désirés. Le professionnel dispose avec son bagage d’une perception de vous que vous n’avez pas forcément de vous-même. Il a ce recul sur vos schémas de fonctionnement, une perception de vos blessures, car lui n’a pas le filtre de votre personnalité nommé «ego» ! Pour répondre à votre demande, il pourrait mettre en place tel ou tel protocole, si et seulement si vous vous y coulez…

Attachements ?
Comme nombre de relations comportant une certaine intensité, la relation peut créer des attachements. Là, la vigilance de chacun doit être à son maximum car dans l’attachement s’installe la dépendance. Et le seul but de la relation thérapeutique, c’est de vous aider à vous envoler, à renaître, à vous émanciper. Il ne peut être question de dépendance mais bien d’envol !
Finalement, la relation thérapeutique n’estelle pas un fil de soie qui vient retramer d’humanité tous les accrocs au tissage de notre vie, et ce, pour nous aider à être et révéler le meilleur de nous-mêmes ?  »

Raphaël Dugailliez


1 Vincent Gérard, Confluences N° 17 Août 2007
2 La double contrainte, Carrefour des psychothérapies, ouvrage collectif, De Boeck
3 Heinrich Racker, Transfert et contre-transfert. Études sur la technique psychanalytique, Leon Grinberg et Rebecca Grinberg (préface), Cesura Lyon
4 Sillonner la mer à l’insu du ciel, Giorgio Nardone
& Elisa Balbi, éditions Satas.

Paru dans l’Agenda Plus N° 245 de Mars 2013

Mal être: Burnout – En est-on si loin ?

Evaluez votre risque face au Burn out

Un article de de Gaëlle Salakenos, paru sur Psy.be le 10/02/14 à lire sur Psy.be             

Mal être: Burnout – En est-on si loin ?                     

« Beaucoup d’informations concernent le burnout. Effet de mode ? Tout le monde a, dans son entourage proche ou éloigné, quelqu’un ayant ou ayant eu un burnout. C’est devenu commun, familier. »

« Pourquoi, étant au courant de cette réalité, de la possibilité d’un épuisement lié au travail, il y a toujours autant de cas de burnous ? »

« Le burnout est défini comme un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus “normaux”, caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. »

« La définition utilisée par Hansez et ses collaborateurs (2009 – 2010) ajoute également que « cet état d’esprit n’est souvent pas remarqué par le travailleur pendant un long moment. Il résulte d’une différence entre les intentions et la réalité du travail. Souvent, les travailleurs entretiennent cet état d’esprit par des stratégies d’adaptations qui sont inefficaces. » Cela donne déjà une piste d’explication du burnous. »

« Les contraintes de l’environnement de travail y jouent un rôle important. Ces contraintes englobent le sens, l’utilité et/ou la notion de justice – relatifs au travail demandé ; la charge de travail souvent titanesque (serti d’un manque de reconnaissance, voir mépris et/ou déni de ce qui a été réalisé) ; le bouleversement des tâches initialement demandées ; l’instabilité des demandes de sa hiérarchie et de sa place au sein de l’entreprise, de son rôle. »

« Et cette énumération n’est pas exhaustive. Il y a également un fort impact du support social donné et perçu pour le travailleur, le sentiment de contrôle sur le travail effectué, l’autonomie et la liberté d’action dans son travail. »

« Les caractéristiques personnelles du travailleur peuvent également avoir un impact sur la prévalence du burnout. Comme par exemple le fait d’avoir des stratégies d’adaptation évitantes ou passives face à des situations de stress (et non combatives ou actives), ou encore avoir une faible estime de soi, être anxieux ou en dépression. « 

« Les conséquences et symptômes (il est parfois difficile de les distinguer !) peuvent être multiples. Ils peuvent être physiques, cognitifs et affectifs ou encore comportementaux. Pour en énumérer quelques-uns, on retrouve : fatigue physique, trouble du sommeil ; baisse du sentiment de contrôle, de compétence et de la motivation ; changement d’attitude envers autrui, tendance à s’isoler, baisse de performance, … »

« Nous connaissons  donc les principaux symptômes du burnout. Y prenons-nous garde pour autant ? Pas forcément, et surtout s’il s’agit de soi ! Paradoxalement, beaucoup de personnes, pourtant très douées lorsqu’il s’agit des autres, ont tendance à ne pas prendre au sérieux les signaux de leur propre corps, de leur bien-être ou mal-être intérieur, de leur mental. Certaines personnes ne tiennent pas assez compte d’elles-mêmes, de leur importance, de leur valeur. Et donc de ce que leur corps et leurs ressentis leur envoient comme messages. »

« Il faudrait donc atteindre le stade d’épuisement physique et mental pour commencer à penser à un éventuel burnout ? Alors que d’autres signaux, certes plus discrets mais bien là, sont déjà présents bien avant… »

« Un autre facteur peut jouer un rôle dans cette difficulté de reconnaissance du burnout : nous le disions au début de cet article : on parle beaucoup du burnout mais paradoxalement, la reconnaissance d’une telle souffrance reste difficile. Nous constatons en effet l’absence d’une définition officiellement reconnue du burnout et de normes de critères diagnostiques. Difficile de se sentir pleinement compris et reconnu dans sa réalité dans cet état de choses. « 

« Tout d’abord, il est important de se reconnaitre dans sa souffrance, et si possible d’être reconnu par son entourage personnel et professionnel. Ensuite, certaines actions doivent être mises en œuvre. D’une part, il est important de se pencher sur l’organisation de son travail, et d’identifier ce qui coince, le(s) problème(s), pour pouvoir y apporter des aménagements concrets. D’autre part, il devient primordial de se centrer sur soi. C’est-à-dire : prendre conscience de ses ressentis, de ses limites, de ses ressources, de ses besoins, … »

« Lorsqu’une personne est proche du burnout, elle a souvent tendance à être totalement tournée vers son travail, à ne valoriser et mettre au centre de ses préoccupations (voire de sa vie) plus que ça ! Et donc de s’oublier. D’oublier qu’elle existe, qu’elle a droit à du temps pour elle, qu’il est nécessaire de prendre soin d’elle. Un retour à soi est donc primordial. Il est également important d’identifier les comportements d’adaptation mis en place, et de remplacer ceux qui sont négatifs pour la personne par d’autres, plus bénéfiques et ressourçants. »

« Un travail thérapeutique avec un psychologue est très souvent nécessaire (voire primordial) : il servira à aider la personne, à l’épauler dans son travail de reconnaissance de ce qu’elle vit, dans l’identification du burnout et de ses causes, dans la recherche concrète de solutions et finalement… de reconstruction de soi ! »

Gaëlle Salakenos – Psychologue clinicienne

www.gaellesalakenos.be / 0488/05 91 12

Source : Hansez, I., Mairiaux, P., Firket, P. & Braeckman, L. (2009-2010). Recherche sur le burnout au sein de la population active belge. Service public fédéral – Emploi, Travail et Concertation sociale.

Formation Walk and Talk – 14 février 2014

Une première en Belgique!
Vous êtes thérapeute ou coach et souhaitez sortir de votre cabinet de consultation afin d’accompagner vos patients en marchant dans la nature ?Devenez « Walk & Talk Thérapeute » certifié par Walk your Mind.
Walk yourMind
Avenue Oscar de Burbure, 151
1950 Kraainem
Dimitri Haikin, Psychologue clinicien, Psycho-Randonneur
Psychologues, Psychothérapeutes, Coaches

Non-résidentiel

1 journée de 9h à 1èh

Le 14/02/2014 de 09:00 à 17:00
Dates Lieu Places
Le 14/02/2014 de 09:00 à 17:00 Kraainem 14
Le 04/07/2014 de 09:00 à 17:00 Kraainem 14
Le 29/08/2014 de 09:00 à 17:00 Kraainem 14
  • (Ré) apprendre les fondements de l’écoute active
  • S’exercer à la reformulation
  • Découvrir des exercices thérapeutiques pour travailler en marchant avec un patient
  • Expérimenter la marche thérapeutique en forêt
  • Prendre conscience des nombreux bienfaits de la marche
  • Rejoindre l’équipe Walk & Talk de Walk your Mind et accompagner des patients dans votre région.
Face à l’anxiété, l’épuisement émotionnel ou la dépression, les séances de thérapie et de conseil associées à la marche dans la nature (re)mettent l’esprit rapidement en mouvement et ouvrent la porte à de nombreuses possibilités de changement ! La marche permet d’élargir nos horizons face aux problèmes de la vie et nous pousse à l’action sur le chemin de nos pas.La marche atténue les sentiments négatifs, la rumination mentale: le rythme soutenu d’un pied devant l’autre, surtout dans des environnements naturels apaise nos émotions. Une formidable thérapie donc, simple, accessible à tous, qu’a ainsi résumée le psychiatre Boris Cyrulnik: «L’action, l’affection et la mentalisation (processus par lequel nos émotions sont transformées en pensées) sont nos tranquillisants naturels prescrits lors d’une marche.»Déroulement de la journée
09h-10h30 : accueil et présentation théorique
10h30-11h : en voiture vers la forêt
11h-12h30 : exercice d’écoute par 2 en forêt (sur base d’un problème ou d’un questionnement personnel. A accompagne B)
12h30-13h30 : pause déjeuner ( à proximité de la forêt)
13h30-15h : exercice d’écoute par 2 en forêt (sur base d’un problème ou d’un questionnement personnel B accompagne A)
15h-15h30 : retour en voiture
15h30-17h : Débriefing, questions-réponses

Parcours de certification Walk your Mind
– Participer à une journée de formation d’initiation (8h)
– Accompagner 3 patients et s’engager à 3x1h30 de supervision en marchant avec Dimitri Haikin (4h30)
– Participer à une deuxième journée de perfectionnement durant laquelle chacun présentera une situation d’accompagnement Walk & Talk. (8h)

Durée totale : 20h30

Formateur
Dimitri Haikin est Psychogue, Psychothérapeute et Formateur. Spécialisé dans le domaine de l’écoute active, il a été pendant de longues années formateur à l’écoute au CEFEM (Centre de Formation à l’Ecoute du Malade).
Fondateur de Walk your Mind, il accompagne des patients en séance individuelle et des groupes lors de stages-randonnées.

Tarif:
– Une journée de formation : 190 € (TVA 0%)
– Supervision : 60 €/h (TVA 0%)190 € à payer l’inscription en ligne : www.weezevent.comou par virement bancaire eavec en communication formation wym du 14/02/14
N° de compte bancaire en Belgique: 068-2456339-35
Iban : BE-57-0682-4563-3935?Swift ou BIC : GKCCBEBB
Nom et adresse de notre banque : Dexia, Place Dumon, 22. 1150 Bruxelles. Belgique

Dimitri Haikin : 0495149041 ou dimitri@walkyourmind.com
Inscription par mail : info@walkyourmind.com

Le stress prolongé laisse des marques durables dans le cerveau | PsychoMédia

Le stress prolongé laisse des marques durables dans le cerveau | PsychoMédia.

Suite à une exposition prolongée au stress, des modifications cérébrales demeurent présentes plusieurs mois plus tard, selon une étude néerlandaise menée avec des soldats de retour d’Afghanistan, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Guido van Wingen et ses collègues de l’université de Radboud (Amsterdam) et du Centre de recherche militaire d’Utrecht ont mené cette étude avec 33 soldats déployés en Afghanistan pour une mission de quatre mois, qui n’ont pas été blessés mais ont été soumis au stress prolongé des zones de combat, et 26 soldats qui n’ont pas été exposés à ce stress.

Des images cérébrales ont été prises avant qu’ils ne soient déployés, 6 semaines après leur retour et un an et demi plus tard.

Le stress du combat réduisait l’activité et l’intégrité du mésencéphale, ce qui était lié, selon des tests neuropsychologiques, à une capacité d’attention et de concentration réduite lors de tâches cognitives complexes. Ces changements étaient normalisés après un an et demi ainsi que la capacité de maintenir l’attention. Cependant, une réduction de la connectivité fonctionnelle entre le mésencéphale et le cortex préfrontal (circuit mésofrontal) était toujours présente.

De quelle façon ces perturbations peuvent affecter les gens à long terme n’est pas connu, indiquent les chercheurs. Il est possible, disent-ils, que ces changement les rendent plus vulnérables aux stress futurs, ce qui pourrait affecter leur vie sociale et leur employabilité. Des études sur des animaux ont montré que des déficits des fonctions exécutives pouvaient résulter d’une altération de ce circuit. Les fonctions exécutives concernent la coordination de l’ensemble des fonctions cognitives, par exemple l’organisation des actions vers l’atteinte de buts.

“Ces résultats suggèrent que le cerveau humain peut largement récupérer des effets délétères du stress, supportant l’idée d’une plasticité cérébrale adaptative au stress prolongé”, note le chercheur. “Cependant, ils montrent aussi des changements durables dans le circuit mésofrontal qui pourraient accroître la vulnérabilité à de nouveaux stress et conduire à des déficits cognitifs prolongés.”

Plus du quart des soldats qui reviennent d’Irak et d’Afghanistan ont des difficultés de fonctionnement social et opérationnel, notent les chercheurs.

Êtes-vous proactif pour prévenir le stress et atteindre vos objectifs? FAITES LE TEST

Psychomédiaavec sources: PNAS, US News (HealthDay)