Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau

Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stanford, le contact avec la nature

Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau

Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Stanford, le contact avec la nature aurait tendance à favoriser notre bien-être, contrairement aux environnements fabriqués par l’humain.


Marcher dans la nature modifie le cerveau

Selon une étude publiée par l’Université de Stanford, le contact avec la nature serait à même d’influer positivement sur notre cerveau (en modifiant le flux sanguin dans le cortex pré-frontal), et notamment comme prévention contre la dépression. Comment expliquez un tel phénomène ?

Hervé Platel : La région du gyrus cingulaire antérieur est la partie du cerveau ciblée dans l’étude.
Elle montre une suractivité chez les personnes qui ont tendance à la « rumination mentale », terme qui désigne l’état des personnes qui n’arrêtent pas de penser, qui ont du mal à lâcher prise, à se déconnecter. C’est pour cela qu’aller dans un parc, un espace vert, peut-être un moment de calme. Un moment de repos pour notre pensée, notre psychisme et bien sûr notre cerveau.

Parmi les contextes qui a priori moduleraient la dépression et les états anxieux, on sait par exemple qu’il y a l’activité physique. Des études montrent que la marche à pied est source de régulation positive. Les gens qui vont faire de la marche à pied, qu’elle soit effectuée en ville ou dans la nature, vont bénéficier d’une neuro-régulation, et avoir tendance à être moins stressés et moins dépressifs.

En effet, l’activité physique peut entraîner une réduction de l’activité cérébrale dans certaines régions du cerveau. Mais cela ne signifie pas que l’état de rumination mentale soit lié à une activité cérébrale trop intense. Ce n’est pas aussi simple car dans le cerveau, il y a des effets d’équilibrage.

Il y a des endroits dans le cerveau qui peuvent montrer une suractivité qui est corrélée avec des comportements négatifs. Mais à l’inverse, on va avoir des régions du cerveau qui montrent une sous-activité, voire une activité anormalement basse, et qui est là aussi corrélée avec une manière de pensée qui est négative.

Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau: de tels effets sont-ils durables ? Une exposition prolongée est-elle nécessaire pour produire des effets observables ?

On peut penser que c’est la préservation de l’activité, le fait de la faire perdurer, l’entrainement, qui est quand même le plus efficace. C’est-à-dire que lorsqu’on arrête les balades, les exercices physiques, la méditation, on peut avoir une résurgence des pensées négatives. Il y a donc un entretien à produire.

C’est comme lorsqu’on veut entretenir son corps pour être en forme. Il est bien évident que pour notre état mental, le cerveau, c’est la même chose. Si on ne continue pas à entretenir cet état, à travailler dessus, potentiellement les effets ne vont pas durer.

C’est une question de régulation. On casse le mécanisme de rumination en mettant le cerveau dans un mode de fonctionnement qui va en limiter l’effet négatif. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas penser à ses soucis, seulement, il faut un moment donné pouvoir casser cette boucle d’anxiété qui peut nous amener à ne penser qu’au négatif.

Inversement, de quelle manière la vie citadine produit-elle un stress sur notre cerveau?

De nombreuses manières. Le fait d’être dans un environnement où l’on est très sollicité, notamment perceptivement, le fait qu’il y ait du bruit autour de soi. Il ne faut pas caricaturer la vie citadine mais il est certain que dans les villes, on va avoir un mode de vie, un rythme, qui nous oblige à tout réaliser de manière peut-être plus précipitée. On prend moins le temps.

Evidemment la vie citadine est sensoriellement très agressive donc très stimulante. L’absence de moment de calme a tendance à augmenter le niveau de stress. On est toujours pris par quelque chose qui peut monopoliser notre pensée. C’est un environnement dans lequel il est peut-être moins facile d’arriver à se poser, se vider la tête et être dans la perception des sensations de manière calme.

D’autres environnements sont-ils susceptibles d’influer positivement sur notre cerveau ?

Tous ceux qui permettent de focaliser sa pensée sur autre chose et empêcher les pensées d’être dans un cercle de rumination.

Pour prendre l’exemple des vacances, c’est un moment qui permet de se déconnecter des contingences matérielles du quotidien. Cela permet d’avoir d’autres types de pensées et d’être plus réceptif à notre environnement sensoriel, mais de manière plus contemplative. On est plus dans le moment présent et moins à ruminer des pensées.

Un moment donné, avoir une pensée vagabonde qui n’est jamais posée dans les sensations corporelles favorise l’obsession, la frustration ou l’angoisse. On sait très bien que l’on peut avoir le même résultat avec la pratique d’une activité physique, l’écoute de la musique relaxante ou encore la méditation.

Bien évidemment, ces recommandations peuvent paraître simplistes et tomber sous le coup du bon sens, mais s’il était si facile par soi-même d’arriver à décrocher de nos tracas quotidiens, certainement que la France ne serait pas un des pays européens où l’on consomme le plus d’antidépresseurs ! Ainsi, il est parfois utile de se faire aider transitoirement afin de trouver la bonne technique et accéder de nouveau à un bon équilibre mental et cérébral.

Propos recueillis par Emilie Gougache

Source Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau: ://www.atlantico.fr/

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Source : Comment le fait de marcher dans la nature modifie le cerveau

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Cohérence cardiaque: un outil de gestion du stress au quotidien

« Introduite en France par le Dr David Servan-Schreiber dans son best-seller Guérir, la cohérence cardiaque est un état d’harmonie des fonctions vitales induit par une fréquence respiratoire particulière : 6 inspirations/expirations par minute environ.

TOUT PART DU CŒUR

En mesurant le pouls, on se rend compte que l’intervalle entre deux battements de cœur n’est pas constant : le cœur accélère et ralentit en permanence, ajustant son activité en temps réel aux besoins de l’organisme.

La variabilité cardiaque est la capacité qu’a le cœur à accélérer et à ralentir sous l’effet des changements de l’environnement, l’amplitude de la variabilité cardiaque est le témoin de notre capacité d’adaptation (plus cette amplitude est élevée, meilleure est la santé).

Le chaos cardiaque est l’état normal de la courbe de la variabilité cardiaque, le cœur accélère et ralentit de façon désordonnée car il s’adapte instantanément à un environnement chaotique.

QUAND LE CHAOS DISPARAÎT

La cohérence cardiaque est un état particulier de la variabilité cardiaque induit par la respiration qui entraîne une augmentation de l’amplitude, une synchronisation avec la respiration et, surtout, de nombreux effets bénéfiques pour la santé et le mieux-être.

La résonance cardiaque est une état particulier de la cohérence cardiaque obtenu en respirant consciemment de façon ample à la fréquence de 6 fois par minute, les effets bénéfiques sont amplifiés et maximum de cette façon.

LES PRINCIPAUX EFFETS DE LA COHÉRENCE CARDIAQUE

Le principal effet est un ressenti quasi immédiat d’apaisement et de calme. La tension artérielle et le pouls diminuent. Les émotions sont mises à distance.

La cohérence cardiaque permet aussi de diminuer le taux de cortisolsanguin et salivaire. Le cortisol étant la principale hormone du stress, cela explique les effets bénéfiques de la pratique de la cohérence cardiaque sur le stress. »                                         Un article de www.thierrysouccar.com

Voici un bel exercice visuel

Le stress et le burn-out reconnus par la loi 28/08/14 – Canal Z | powered by: LeVif – Tendances – MoneyTalk

Ce qui change le 1er septembre grâce à la nouvelle législation relative aux risques psycho-sociaux:

– le stress et le burn-out s’ajoutent au harcèlement moral et à la violence

– la personne de confiance aura donc un rôle élargi en cette matière

– les plaintes mais demande d’intervention formelle ou informelle, individuelle ou en groupe et anonyme, avec les risques d’abus qui en découlent en termes de confusion possible entre problèmes  d’ordre personnel et problème plus général lié à l’entreprise et son management

en image:

Le stress et le burn-out reconnus par la loi 28/08/14 – Canal Z | powered by: LeVif – Tendances – MoneyTalk.

Les soignants en première ligne face au burn-out

« L’épuisement professionnel, mieux connu sous le terme de « burn-out », représente un réel problème de santé publique avec des conséquences lourdes pour la santé des travailleurs, des entreprises et de la société. Le secteur psycho-médico-social n’échappe pas au phénomène, ils ont été les premiers impactés.

C’est en 1969 que le mot « burn-out » a été utilisé pour la première fois. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, à l’époque, l’expression était réservée aux employés du domaine de la relation d’aide, très engagés émotionnellement dans leur travail, comme les infirmiers, les médecins, les travailleurs sociaux et les enseignants. Ensuite, dans le début des années 90, la fréquence des problèmes de santé psychologique au travail a augmenté de façon alarmante. De nos jours, ils constituent la première cause d’absence prolongée du travail, couramment appelé «  invalidité de longue durée ».

Difficile d’évaluer précisément le nombre de travailleurs concernés par cette maladie professionnelle mais si l’on se fie aux chiffres d’une étude relativement récente (2010) du Service Public Fédéral Emploi, 19.000 personnes souffrent de cette maladie en Belgique.

Le burn-out, c’est quoi exactement ?

Selon une définition communément admise, le burn-out est «  un état d’esprit négatif persistant lié au travail, chez des individus “normaux”, qui est caractérisé par de l’épuisement, un sentiment d’inefficacité, une démotivation et des comportements dysfonctionnels au travail. Cet état d’esprit n’est souvent pas remarqué par le travailleur pendant un long moment. Il résulte d’une différence entre les intentions et la réalité du travail. Souvent, les travailleurs entretiennent cet état d’esprit par des stratégies d’adaptation qui sont inefficaces ». (Schaufeli & Enzmann, 1998 )

Selon les psychologues et chercheurs Maslach et Leiter, lorsqu’une personne développe un burn-out, trois choses se produisent : cette personne commence à être épuisée de manière chronique, elle devient cynique et ensuite, elle se sent de plus en plus inefficace au travail.

Un mal-être qui se développe lentement et dure longtemps

Selon les résultats du SPF Emploi tirés d’une étude sur le burn-out au sein de la population active belge, dans 60% des cas, le burn-out est accompagné de troubles du sommeil. Les autres symptômes importants sont une diminution d’énergie (53%), des plaintes neurovégétatives et fonctionnelles (52%), une diminution de la motivation (48%), de l’asthénie (45,7%) et de la frustration (44,4%). Ces symptômes sont les plus fréquents que ce soit pour les cas de mal-être au travail ou pour les formes les plus avancées de burn-out.

Toujours selon cette étude, il est constaté que dans 30% des cas, les symptômes se manifestent depuis plus de 12 mois, ce qui confirme la vision du burn-out comme un processus qui se développe lentement et qui peut perdurer dans le temps. Étant donné que les personnes touchées par le burn-out accordent en général beaucoup d’importance à leur travail, dans les premiers mois, un certain déni des symptômes apparaît. Les signes précoces de burn-out sont donc difficilement diagnostiqués au cours des premiers mois.

Le burn-out, une maladie purement professionnelle

Par ailleurs, dans environ 95% des cas, les symptômes rapportés par les patients sont mis en lien avec le travail par le patient lui-même (87% des cas) ou par le médecin consulté (8%). Ce résultat confirme la perception du phénomène de burn-out comme restreint au domaine professionnel. Le burn-out n’est donc pas à confondre avec la dépression, qui s’étend plus largement dans la vie privée mais il convient aussi de différencier le burn-out de la fibromyalgie et de la fatigue chronique dont l’origine ne se trouve pas forcément dans le travail.

La contrainte qui est le plus souvent mise en lien avec le burn-out est la charge de travail (58% des cas). Les autres contraintes les plus fréquentes sont la pression temporelle (41%), les changements organisationnels (38%), les conflits au travail (37%) et les difficultés au niveau de la conciliation vie privée et vie professionnelle (30%).

Une atteinte à l’éthique professionnelle

Le burn-out n’a pas uniquement des conséquences néfastes sur le bien-être psychologique et physique de l’individu et sur son entourage. Dans les professions de contacts, les personnes avec lesquelles on entre en relation dans le cadre professionnel (clients et patients) peuvent également subir des conséquences négatives. Par ailleurs, il apparaît que le burn-out a un impact important sur la qualité des soins aux patients, sur la prévention des incidents cliniques et sur les erreurs médicales.

Le burn-out s’est davantage répandu ces dernières années et semble lié à l’évolution des conditions de travail. Nombreux sont les employeurs qui n’ont cessé d’accroître la flexibilité du travailleur dans le but d’en maintenir la rentabilité et surtout, de garantir à leur entreprise une certaine compétitivité. Cette évolution a un prix puisque manifestement, elle va à l’encontre du bien-être du travailleur et entraîne chez certains le désormais tristement célèbre burn-out…

« 

Article de Delphine Hotua paru le 15/08/2014 sur http://pro.guidesocial.be/actualites/bien-etre-au-travail-les-soignants-en-premiere-ligne-face-au-burnout.html

Burn-out: ce qui change le 1er septembre!

Extrait d’un article paru le 28 août 2014 sur 
http://pro.guidesocial.be/actualites/ce-qui-change-le-1er-septembre-dans-le-secteu.html

« Le burn-out est reconnu par la loi

Deux nouvelles lois sur les risques psychosociaux au travail entrent également en vigueur le 1er septembre. Dès lundi, le burn-out sera davantage pris en compte par la législation belge. La notion de burn-out apparait pour la première fois dans la loi. La procédure change pour la prise en charge des employés souffrant de burn-out. Désormais, les employés souffrant de burn-out auront le droit de faire une demande d’intervention psychosociale individuelle. Jusqu’à présent, la seule mesure possible était la plainte motivée pour harcèlement. Cette mesure n’était pas adaptée pour les personnes souffrant d’épuisement professionnel.

Désormais, il y a une approche collective des risques psychosociaux. Lorsqu’un employé fait une demande d’intervention pour burn-out et que son conseiller en prévention réalise que d’autres employés sont concernés par ce problème, il alertera l’employeur qui prendra des meures pour faire disparaitre ce risque avec le Comité de prévention et de protection au travail. Cette procédure garantie l’anonymat de l’employé. »

Le burnout chez les psys, un grand tabou

Article paru le 25/08/14 sur le site de Guide Social: http://pro.guidesocial.be/actualites/le-burnout-chez-les-psys-un-grand-tabou.html

Psychological counselLes psychologues, comme le reste du secteur psycho-médico-social, sont particulièrement vulnérables au burnout. Parce qu’ils sont censés savoir comment gérer leurs émotions et celles des autres, les psys n’osent pas parler de ce mal-être. Et les moyens manquent pour les soutenir.

Eclairage avec Moira Mikolajczak, professeur de psychologie de la santé et des émotions à l’UCL.

Le burnout chez les psychologues présente-t-il des particularités ?

La définition du burn-out est la même pour toutes les professions. En revanche, le vécu du burnout par le psy est plus compliqué. Monsieur et Madame Tout le Monde ont le droit – ou en tout cas il est socialement acceptable – de souffrir du burnout. Mais on considère que le psy ne peut pas être touché par le burnout car il est sensé savoir comment résoudre les problèmes. De ce fait, le burnout est vécu comme un échec par les psychologues, qui ont l’impression qu’ils ne sont pas suffisamment bons dans leur profession. C’est un grand tabou dans la profession. Pourtant, le burnout est un signe qu’il réalise bien son métier, qu’il se donne à fond, qu’il est empathique.

Gérer les émotions

C’est tout le paradoxe… Le psychologue doit être empathique sans se laisser submerger par l’émotion, comment s’en sortir ?

En effet, le psy doit être capable de se laisser pénétrer par la souffrance pour être empathique mais il doit aussi se protéger partiellement. En fait, il doit gérer ses émotions. Pour cela, il lui faut des compétences émotionnelles. Tout le monde ne les a pas, ou pas au même degré. Une personne capable de gérer ses émotions peut aussi en cas d’événements de la vie difficiles perdre les pédales face à une charge émotionnelle trop forte.

Cela n’est pas sans impact sur les patients…

Le cadre de déontologie impose que quand un psychologue sent qu’il ne va pas bien, il doit arrêter. Mais il lui est difficile de reconnaître vis-à-vis de lui-même et vis-à-vis des autres son burnout… Il ne s’agit donc pas de malhonnêteté s’il continue à exercer.

Manque de soutien

Beaucoup de psychologues sont-ils touchés par le burnout ?

Il n’existe pas de chiffre à ma connaissance. Une chose est sûre : les chiffres seront sous-estimés vu la difficulté pour un psy de reconnaître qu’il est en burnout.

Le psy est souvent seul, surtout quand il est indépendant. Cela complique encore la situation ?

Le psychologue hospitalier n’est pas spécialement plus entouré que le psy indépendant. Quelques hôpitaux, organisent des réunions exclusivement entre psychologues mais la plupart du temps, le psychologue participe aux réunions avec tous les soignants. A nouveau, on compte sur lui pour apaiser les autres.

Quelles sont les pistes pour qu’ils s’en sortent ?

Ce qui peut les sortir du burnout, ce sont des espace-temps comme un congé parental. Aussi, les psychologues pourraient bénéficier de formations continues comme les médecins. Ces formations pourraient pourtant être l’occasion de partager leurs expériences et de délier les langues. Certaines associations de psys m’ont déjà contactée, ainsi que d’autres chercheurs spécialisés en compétences émotionnelles, pour donner des conférences sur le sujet. Seul problème : les formateurs ont un prix. Et si les entreprises sont capables de s’en payer, le secteur social lui manque d’argent.

Manon Legrand

Burn out, la descente aux enfers

Testez vos risques liés au burn-out

Burn out, la descente aux enfers

Selon certaines études, entre 5 et 9 % de la population serait au bord de l’épuisement professionnel et menacerait de « griller un fusible » – l’une des traductions admises du mot anglais « burn out ». Ses conséquences peuvent être dévastatrices et personne n’est à l’abri, même si certains facteurs de risque doivent être réunis pour le favoriser. En voici deux témoignages édifiants, dont les auteurs ont souhaité rester anonymes.
Philippe Berkenbaum – Illustration Pascal Lemaître

Jean-Paul, ex-cadre supérieur: «Je n’arrivais plus à me battre»
Ce jeudi matin-là, comme tous les précédents, Jean-Paul (prénom d’emprunt), la quarantaine, participe à la réunion hebdomadaire du comité de gestion de son entreprise, dont il dirige l’un des principaux départements depuis dix ans. Une lourde responsabilité : ce département assure plus de la moitié du chiffre d’affaires de la société. Or, les résultats sont mauvais. « Je sentais monter la pression, raconte cet ancien cadre supérieur. Les chiffres étaient en baisse et le stress de plus en plus présent. Je n’avais plus les bonnes réactions créatives, je n’arrivais plus à me battre, je sombrais dans une sorte d’apathie. J’étais pourtant très investi dans mon travail. Mais j’avais l’impression de surfer, de me laisser porter, déborder. Je n’étais plus à la hauteur. » Depuis des mois, Jean-Paul dort mal. Picole, parfois. Il supporte de plus en plus mal les jeunes collègues qui essaient de le dépasser d’un côté, les dirigeants qui le sermonnent de l’autre : « Y a qu’à faire ceci, il faudrait faire cela… » Jusqu’à ce jeudi fatidique. « J’annonçais une fois de plus des résultats plombés et le départ de deux gros clients, que je jugeais difficiles à remplacer. Mon patron m’a rétorqué que c’était mon boulot. J’ai vu rouge. » Jean-Paul s’emporte violemment. Claque la porte : « Débrouillez-vous sans moi ! ».
Il ne remettra jamais les pieds chez son employeur.

Des idées très noires
C’est le début d’une descente aux enfers. « Du jour au lendemain, j’ai totalement lâché prise. » Pendant un an, ce ne sont que cocktails d’alcool, de médicaments, de séjours en institutions psychiatriques, d’accidents de voiture et d’appels désespérés au milieu de la nuit. Ses proches le soutiennent, lui tendent la main. « Sans mes enfants, j’y serais resté. J’ai eu des idées très noires. » Mais le fait d’être entouré ne suffit pas. « C’est toi qui dois franchir le pas pour remonter la pente. Tu dois te faire violence. Au fond de la piscine, personne d’autre ne peut donner l’impulsion qui te fait remonter. » Le déclencheur fut une nuit en cellule de dégrisement, menottes aux poignets, flanqué d’autres pochards. « L’élément de trop. Je me suis dit : ‘Tu te reprends ou tu te flingues’. J’ai choisi la première option. » Jean-Paul arrête de boire, s’inscrit aux Alcooliques Anonymes. Repart à la conquête d’un emploi – entretemps, il avait perdu le sien. Galère. « Tout le monde savait ce qui m’était arrivé, dans mon milieu professionnel. » Il décroche deux ou trois jobs, rien de comparable avec sa vie professionnelle antérieure. Pas folichon. Jusqu’au jour où il décide de changer radicalement pour devenir prof. Depuis, Jean-Paul revit. « J’ai changé d’échelle de valeurs, je ne pense plus à la carrière ni au salaire. Je me sens plus fort, j’ai retrouvé un équilibre, j’apprécie des plaisirs dont je me privais avant : le sport, les amis… Je suis capable de plaisanter sur ce qui m’est arrivé. Si j’avais eu le cran d’être lucide par rapport à mon insatisfaction professionnelle, si je n’avais pas négligé les signes avant-coureurs, le stress, l’insatisfaction professionnelle, la fatigue, rien ne serait sans doute arrivé. » Il serait parti avant.

Michelle, journaliste: « Le burn out survient quand on ne sait plus dire non»
« J’ai toujours adoré mon métier de journaliste de terrain, raconte Michelle (prénom d’emprunt), journaliste dans un grand média belge. Quand j’ai accédé à des fonctions à responsabilité, je me suis vite ennuyée. Je ne me sentais pas bien. J’avais envie de faire moi-même plutôt que de gérer les autres. L’environnement était très conflictuel, c’était agressif, ça ne me convenait pas. La charge était trop lourde, c’était fatigant, j’étais crevée. »
Survient un événement dans sa vie affective, qu’elle qualifie aujourd’hui d’anodin. À l’époque, c’était un vendredi soir, ça a provoqué un choc émotionnel. « Sur le moment, j’ai ressenti de la colère. Le lundi suivant, je ne me sentais pas bien. Je suis allée travailler mais à midi, incapable de rester, j’ai pris mes affaires et je suis rentrée. Chez moi, je me suis effondrée. J’ai dormi tout l’après-midi. » Le lendemain, Michelle consulte, presque honteuse : « Je me disais : tu n’as rien, c’est ridicule ! » Face au médecin, elle peine à articuler quelques mots avant d’éclater en sanglots. « Il ne lui a pas fallu longtemps pour estimer que j’avais tous les signes de la dépression. Y compris les idées de suicide. J’ai pourtant refusé de voir un psy. Mon médecin me connaissait bien, il ne m’a pas lâchée. Heureusement, parce que c’est là que j’ai plongé. »

Une souffrance invisible
Pendant un mois, Michelle dort tout le temps. Puis elle traverse une période de mal-être profond. « Comme une vague grise qui envahit le corps et le cerveau. J’étais coupée de la réalité, avec l’impression constante de ne pas pouvoir passer la minute suivante. » Il y a de courts moments de répit dans la journée. Et un psychologue, tout de même, qui l’aide « à ressentir les choses ». Michelle vit quatre mois « dans un état critique » mais arrive vaguement à gérer la maison et les enfants. Car la vie continue. « C’est une souffrance invisible, que beaucoup de proches ne comprennent pas ».
Il a fallu 6 mois pour que reviennent « des petits moments de lumière ». Fugaces. Avec une thérapie, le lent processus de reconstruction a pu commencer. « J’ai compris que le burn out survient quand on ne sait plus dire non. On subit. On se dit qu’on est fort, on se ment à soi-même. C’est comme un train fou dont on n’arrive pas à descendre. » Jusqu’à foncer dans le mur. « Il m’a fallu être cassée en mille morceaux pour pouvoir remettre le compteur à zéro. Au bout du tunnel, tu te demandes ce que tu vas faire de ta vie. Si tu parviens à te dire ‘plus jamais ça !’, c’est gagné. »
Plus jamais faire un boulot qu’on n’aime pas. Plus jamais travailler sans plaisir. Plus jamais ne pas se respecter. Plus jamais se demander si les autres automobilistes ont envie, eux, d’aller travailler le matin. Plus jamais rentrer du boulot en pleurant. Huit mois après son départ, Michelle est redevenue journaliste dans le même média. Elle se sent encore fragile. Mais elle a le sentiment de « jouer le bon rôle dans le bon film ». Et quand les larmes viennent, elles sont thérapeutiques. « J’ai retrouvé de la légèreté. »

source: Burn out, la descente aux enfers, Psychologies Magazinehttp://www.psychologies.be/fr/_/vivre-ensemble/travail/burn-out-la-descente-aux-enfers-r720