Evaluer votre niveau d’épuisement professionnel

ECHELLE DE MASLACH

Vous pouvez évaluer vos risques face au burn-out  en faisant le test d’évaluation du burn-out proposé par Maslach. 

Faites le test !

 

Si vous avez obtenu un score faible aux deux premières échelles et un score élevé à la dernière : vous êtes loin d’être épuisé(e).

Si vous avez obtenu un score élevé aux deux premières échelles et un score faible à la dernière : vous sentez vous épuisé(e) professionnellement en ce moment

 

Publicités

Mal être: Le burn-out

Source : Psy.be Mal être: Le burn-out

Phénomène des temps modernes, le burn-out est un état de profond d’épuisement dans lequel se retrouve un travailleur qui a, lentement mais sûrement, brûlé toute son énergie.

Le terme « burn-out » a été employé pour la première fois en 1974 par Freudenberger afin de décrire un état de fatigue généralisée chez des professionnels de la santé mentale en milieu de travail.
Il a décrit le burn-out de la façon suivante : « un effondrement, un épuisement ou une fatigue extrême provenant d’une demande excessive d’énergie, de forces ou de ressources».

Revoyez la vidéo de l’émission : Au quotidien sur la RTBF  :

En 1975, Freudenberger a décrit trois types de travailleurs particulièrement exposés au burn-out :

Le travailleur zélé qui accepte une charge de travail trop lourde.
Le travailleur trop déterminé dont la vie à l’extérieur du travail est peu satisfaisante.
Le travailleur autoritaire qui a l’impression que personne d’autre que lui ne peut faire le travail aussi efficacement.
En 1976, Maslach a donné une définition plus complète du burn-out en incluant l’épuisement physique et mental observé chez tous les professionnels dont le travail implique un contact continu avec les autres.
Maslach a suggéré que le syndrome n’apparaît pas soudainement mais qu’il est causé par un stress de longue date qui n’est pas contrôlé par le travailleur.

En 1986, Maslach et Jacskon ont identifié trois axes au syndrome du burn-out qui sont encore employés aujourd’hui dans la littérature scientifique : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le faible accomplissement personnel

Les trois axes de l’épuisement professionnel selon Maslach et Jacskon 
Leur définition du burn-out rallie désormais les différents points de vue et est maintenant couramment employée.
Selon ces auteurs, l’épuisement professionnel est un syndrome psychologique impliquant un épuisement émotionnel, une approche « dépersonnalisée » de la clientèle et un faible sentiment d’accomplissement personnel.

  • L’épuisement émotionnel fait référence au sentiment d’épuisement et de vide intérieur provoqué par le travail, à l’appauvrissement des ressources émotionnelles et au sentiment de ne plus pouvoir donner à autrui au plan psychologique.
  • La dépersonnalisation se manifeste par des sentiments négatifs et cyniques et des réponses impersonnelles aux clients et peut conduire à la déshumanisation progressive de la clientèle et des interventions.
  • Enfin, le faible accomplissement personnel se reflète par des sentiments d’incompétence professionnelle et de manque de réalisation personnelle dans le travail.

Comment identifier un début de burn-out ?
Les premiers symptômes passent souvent inaperçus, mais petit à petit le physique, puis le psychisme se dégradent jusqu’au jour où rien ne va plus.
Le burn out affecte tout particulièrement les gens qui sont perfectionnistes, consciencieux, qui ne savent pas déléguer ou qui ont placé de trop fortes attentes dans leur travail.

L’épuisement professionnel est associé à une variété de symptômes physiques, émotionnels, cognitifs et comportementaux.
Les conséquences physiques et psychologiques de l’épuisement professionnel se caractérisent principalement par ;
– une diminution de l’estime de soi,
– des symptômes de fatigue,
– une anxiété plus fréquente,
– des traits dépressifs
– une plus grande irritabilité
– l’apparition de problèmes somatiques.

L’épuisement professionnel est aussi à l’origine de problèmes de comportement et de performance au travail, de problèmes interpersonnels avec les clients, les membres de la famille et les amis et de sentiments négatifs envers la clientèle, le travail et la vie en général.

Quels sont les traits de caractères typiques des personnes victimes de burn-out ?
Ceux-ci varient bien évidement d’une personne à l’autre et le burn-out peut  parfois être uniquement la conséquence d’un environnement professionnel « maltraitant ».
Cependant, certaines caractéristiques de la personnalité augmentent les risques de burn-out ;

– Le perfectionnisme
Si le souci de bien faire son travail est une qualité évidente, le perfectionnisme génère des tensions qui ne sont pas nécessaires.
Enfermé de sa croyance de « devoir être parfait », le perfectionniste est bien souvent tyrannique envers lui-même mais également envers les autres.
Il a des attentes souvent beaucoup trop élevées.
Il a beaucoup de mal à se satisfaire d’un résultat et se demande comment il aurait pu faire mieux.
Son corps est donc en grand état de tension et son esprit rarement en état de « lacher-prise ».
Il est adepte du genre « tout ou rien » et est donc plus susceptible de souffrir de burn-out.

– Le manque de confiance en soi
Ayant la croyance de « moins valoir que les autres », certaines personnes ont souvent le réflexe de travailler d’arrache-pied afin de compenser ce qu’elles pensent être leur déficit.
Quand elles n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs, elles ont tendance à attribuer leur échec à leur propre faiblesse plutôt qu’à des facteurs externes ou à l’organisation de leur milieu de travail.
Quand les attentes à l’égard de ces personnes ne sont pas réalistes, elles ressentent fortement l’échec et peuvent sombrer dans le burn-out.

– Le manque d’affirmation de soi
L’incapacité à mettre ses limites engendre une surcharge de travail qui peut mener tout droit vers l’épuisement professionnel.
Dire « non » ou demander de postposer une demande sont des attitudes qui sont parfois indispensables.
La personnalité soumise ne respecte pas ses besoins et perd progressivement l’estime de soi. Il est clair aussi que les situations de harcèlement professionnel nuisent gravement à la santé.

– Le manque de compétence
Certaines personnes n’ont tout simplement pas la capacité ou les aptitudes pour accomplir leur travail. Elles se font alors violence afin de mériter le respect de leur patron.
Ces personnes ne réalisent peut-être pas qu’il peut y avoir d’autres postes au sein de l’entreprise qui conviendraient mieux à leurs capacités.

Quelles différences entre un burn-out et une dépression ?
Le burn-out est clairement lié à un problème de stress professionnel.
La dépression est une maladie beaucoup plus complexe.
L’épuisement professionnel se distingue de la dépression par le domaine qu’il implique.
Les manifestations ou symptômes de l’épuisement professionnel sont reliés spécifiquement au milieu du travail et non généralisés à l’ensemble des domaines de la vie personnelle.
À l’inverse, la dépression se caractérise par une généralisation des symptômes à toutes les sphères et à toutes les situations de la vie.

Les entreprises ont-elles une part de responsabilité ?
Le burn out touche aussi bien les cadres que les employés.
La concurrence et la productivité dans les entreprises, où tout s’accélère aujourd’hui, provoque des épuisements professionnels graves pour la santé.

La diminution des effectifs dans les entreprises augmente la charge professionnelle du travailleur. Comme le nombre de tâches augmente, il consacre davantage d’heures chaque semaine à son travail.
Cela lui donne le sentiment de devoir toujours en faire plus dans un espace de temps qui se réduit.

Le manque de reconnaissance est certainement un facteur d’usure également. La loi de la réciprocité est alors mise à mal. Le travailleur se trouve alors en déséquilibre.
Quand la satisfaction professionnelle des travailleurs à l’égard de leur emploi décline, le sentiment d’effort augmente et le plaisir et la motivation diminuent.

Comment soigner un burn-out ?
La plupart des scientifiques sont d’accord pour admettre que la solution réside dans le changement.
Le repos aide à retrouver un peu d’énergie mais ne guérit pas en profondeur le burn-out.
Un réel changement doit être intégré dans la vie de ces personnes.
Les solutions résident donc dans les prises de conscience de la nécessité de mettre en place de profonds changements dans sa manière d’être et de vivre.
Parfois, le changement d’environnement de travail est nécessaire.
Un accompagnement psychothérapeutique est donc souvent indispensable.
Comment l’entreprise peut-elle agir de manière préventive ?
En organisant des conférences et des formations, l’entreprise favorisera alors préventivement la prise de conscience de ce problème.
Parler ouvertement du burn-out est certainement le meilleur moyen de le prévenir.
Encourager ses employés à apprendre des techniques de gestion du stress fournit de précieux outils.
Mettre en place des ateliers de bien-être : massages assis, massage crânien, sophrologie,… favorise la fraicheur mentale et physique.
En Asie, les entreprises préconisent même parfois…la sieste.

Conclusion
L’épuisement professionnel entraîne des conséquences négatives sur la santé physique et psychologique des travailleuses et travailleurs. Il en résulte des coûts accrus  pour les entreprises ou organisations suite à l’absentéisme et au roulement du personnel qui ont à leur tour une influence négative  sur la qualité des services offerts.
Il importe donc que la prévention de ce problème, intimement liée à la qualité de vie au travail, fasse l’objet d’une préoccupation réelle de toutes les personnes concernées.

 

Dimitri Haikin

Psychologue clinicien

 

 

Les séances en ligne via Skype et autres…Sérieux?

E-psys : c’est sérieux ?

Un bel article qui aborde le sujet avec ouverture d’esprit et esprit critique paru sur pro.guidesocial.be le 07/07/15

Mon avis personnel: voir en bas de page
arton23843-ff835

De plus en plus de sites Internet proposent des séances thérapeutiques en-ligne. Pour un problème passager ou une véritable thérapie ? Qu’en penser ?

Besoin de conseils d’un thérapeute dans le cadre d’un burn out, d’une séparation de couple ou de problèmes relationnels avec un enfant ? Les sites Internet de téléthérapies se multiplient en Belgique afin de répondre à ces demandes. Les séances de psychologie se déroulent au travers d’un Chat, d’envois de mails ou par Skype. Mais est-ce vraiment la panacée ? « Cela peut s’avérer utile pour accueillir des personnes qui ne sont pas capables de franchir les portes d’un cabinet de psychologue ou d’un Centre de santé mentale. C’est une méthode complémentaire qui vaut la peine d’être explorée », estime Koen Lowet, Administrateur Délégué de la Fédération Belge des Psychologues.

Réticences de la profession

Certains praticiens sont en revanche dubitatifs, voire réticents, face à ce médium thérapeutique, car il ne respecterait pas le cadre psychanalytique défini par Freud. Ils estiment qu’une relation virtuelle, par Chat ou même par Skype, ne permet pas de saisir toutes les subtilités et éléments qui se dégagent du patient et qui constituent également des pistes de compréhension d’une problématique. Les gestes, émotions, lapsus, positions corporelles, sont éludés, alors qu’ils font partie des indices d’appréhension d’une situation.

Thérapie ou soutien psychologique ?

L’e-psy ne pourrait tout au plus être envisagé que comme un soutien psychologique, mais pas pour une thérapie sur le long terme. Un avis que Koen Lowet ne partage pas à 100%. « Je pense qu’il est possible de réaliser une thérapie en ligne, même si en effet, il y aura des éléments d’appréciation visuelle absents. Mais le plus important, c’est la qualité de la relation entre le thérapeute et son patient. Il faut toujours peser le pour et le contre dans l’évolution des technologies. Mais je pense que ces sites sont très utiles, par exemple pour permettre une intervention psychologique chez quelqu’un qui ne peut pas facilement sortir de chez lui, à cause des pressions de son conjoint ».

Une méthode réactive

Ces sites sont aussi appréciés par les grands timides, par ceux qui éprouvent des difficultés à s’exprimer, qui préfèrent l’anonymat, par les personnes à mobilité réduite, isolées géographiquement, mais aussi par les patients très occupés. Autre avantage : le suivi peut se poursuivre, même en cas de déménagement ou lors de déplacements à l’étranger. Dans des cas critiques, l’e-psy a l’avantage de proposer une plus grande réactivité. Le patient peut généralement être entendu plus rapidement que s’il devait prendre rendez-vous dans un cabinet. Certains téléthérapeutes arguent même que cela permet d’établir leur emploi du temps en fonction des besoins des patients et non l’inverse.

Attention aux arnaques !

« Mais attention, on note une explosion de l’offre de sites de psys en ligne, dont l’approche n’est pas toujours validée scientifiquement. Aux Pays-Bas, on a relevé des arnaques en la matière », prévient Koen Lowet.

Pour éviter les charlatans, certains critères permettent de vérifier le profil du psychologue qui se cache derrière l’écran. Voici les questions à se poser (et à poser) :

- Qui sont les prestataires du site ?
- Sont-ils enregistrés auprès de la commission des psychologues ?
- Quel est leur diplôme et ont-ils suivi une formation de psy en ligne ?

Actuellement, il n’y a pas encore de structure permettant la validation de ces sites de téléthérapie. Dès le 1er septembre 2016, les psychologues cliniciens seront par contre repris sur une liste unique, qu’ils prestent en ligne ou pas. Cela permettra déjà d’effectuer un certain tri !

Sandra Evrard

A lire aussi : Santé mentale : un service de soins en ligne pour réduire les temps d’attente

Mon avis personnel:

Cela mérite réflexion.

Tout d’abord, des séances via skype pour compenser l’absence physique par éloignement (vacances, voyage d’affaire, etc…) du thérapeute permettent d’avoir ses séances si nécessaire mais sous-entendent que vous connaissez déjà votre thérapeute. Alors dans ce cas, je dis oui tout de suite et sans restriction. La relation praticien-patient et les émotions, le language non-verbal et para-verbal sont tout à fait palpable pour un thérapeute pratiquant l’écoute active. Ce qui importe donc c’est que le patient se sente en sécurité et confiant dans le médium mais surtout dans son thérapeute. Ce n’est ni l’outil, ni le medium qui importeront, mais la qualité d’écoute du thérapeute.

Dans les échanges strictement écrits via discussion de type « chat », même si la relation praticien-patient est réelle ils empêchent souvent de faire passer les émotions, le language non-verbal et para-verbal.

Christian Vrient

Réouverture de la loi Muylle et consorts (2014) par Madame la Ministre Maggie De Block

Un article de  Jérôme Vermeulen psychologue (paru sur le http://www.lepsychologue.be, lien en bas de page) dont je partage pleinement l’avis.

« Lettres ouvertes ou pétitions circulent actuellement reprochant à la Ministre Maggie De Block le réexamen de la loi Muylle et consorts (2014) sur la psychothérapie. On crie au loup : Madame De Block remettrait dangereusement en question une loi magnifiquement équilibrée qui aurait enfin donné un vrai statut aux psychothérapeutes.

Je ne partage absolument pas cette analyse de la loi de 2014 qui pose de très sérieux problèmes de société. Un statut pour les psychothérapeutes, certes. Intéressant pour eux, intéressant pour les usagers, intéressant pour la collectivité, j’en doute raisonnablement. Voici pourquoi.

La loi Muylle et consorts (2014)

Cette loi telle qu’elle a été votée présente deux volets qui la rendent paradoxale dans ses applications. Le premier volet vise à donner une vraie place au sein de l’Arrêté Royal 78 aux psychologues cliniciens, professionnels de la santé mentale universitaires dont le titre est déjà protégé en Belgique depuis 1993. Cet aspect de la loi est très positif pour les psychologues dont elle renforce le statut.

A côté de ce volet, il y en a un second donnant un statut aux psychothérapeutes. La pratique de la psychothérapie est rendue accessible à des personnes sortant du secteur psycho-social moyennant une formation théorique de 500 heures, doublée d’une formation pratique à la relation d’aide. C’est ce second volet que la Ministre De Block souhaite aujourd’hui repenser en profondeur.

La loi de 2014 nous préparait en effet un secteur psy à venir très contrasté et validait les principaux soucis actuels qu’elle était sensée résoudre pour l’avenir.

Protéger un exercice professionnel, c’est homogénéiser une pratique et le niveau des formations

Il me semble que c’est la base et le but. Sinon, on ne perd pas de temps et l’argent du contribuable à légiférer. Quand vous allez voir un kiné, vous allez voir un kiné sans vous poser de questions sur sa formation. Pareil pour un dentiste, un médecin, un avocat, un architecte, etc.

Le premier souci lié à la loi de 2014, c’est de valider l’accès pour l’usager à des professionnels de la santé mentale disposant de niveaux de formation complètement hétérogènes. Concrètement, si la loi était appliquée telle quelle, le secteur de la psychothérapie verrait se côtoyer des universitaires psys (médecins psychiatres et psychologues) et des psychothérapeutes (500 heures de formation théorique).

J’ai demandé à une étudiante de première Bac psycho de l’UCL de m’envoyer la liste des ses cours pour l’année écoulée (2014-2015) ainsi que le volume horaire que cela représente. Résultat : 532 heures et demi. En d’autres termes, la loi Muylle et consorts allait donner l’accès à la pratique de la psychothérapie à des personnes disposant d’un volume horaire sensiblement identique à celui d’une première année psycho. Je parle de « volume horaire », car resterait bien entendu à définir qualitativement parlant ce que l’on mettra dans ce volume; en fac de psycho, seul un étudiant sur trois passe en deuxième.

Pour faire un parallèle, en cas de souci de santé, vous n’imaginez pas avoir le choix de vous rendre soit chez des docteurs en médecine (6 ans d’université), soit chez des « médicothérapeutes » (500 heures de formation théorique en école privée). Vous n’imaginez pas non plus que la loi donne une possibilité de choix personnel entre ces deux formations aux futurs praticiens de la médecine. Eh bien ! c’est tout à fait ce que nous propose la loi Muylle et consorts dans le secteur de la psychothérapie !

Un piège pour les futurs psychothérapeutes

Je l’ai dit, la loi est très positive pour les psychologues et je ne suis pas inquiet pour l’avenir des psychologues en Belgique. Comprenons bien que je ne prêche pas pour ma chapelle, elle se porte bien. La loi prévoit ainsi un remboursement par la sécurité sociale des interventions de psychothérapie des psychologues.

Mais cette loi est un piège pour les futurs psychothérapeutes. Car après leur formation de 500 heures doublée d’une formation pratique à la relation d’aide, les psychothérapeutes auront cette double caractéristique très claire : 1. disposer d’une formation théorique très courte(équivalente tout au plus à une année d’unif) et 2. ne pas être remboursés par la sécurité sociale. Si vous avez des amis, dites-leur de ne surtout pas devenir psychothérapeutes car leur avenir professionnel est inquiétant ! C’est cela le statut du psychothérapeute en Belgique prévu par la loi Muylle et consorts.

Que tremblent aussi les psychothérapeutes actuels. Loin de me réjouir pour eux comme le font certains, je m’inquiète au contraire du statut qui leur serait réservé par la loi Muylle dans son état actuel.

Un coût de mise en œuvre énorme

La Belgique, concrètement, a donc décidé de créer un statut spécifique pour les psychothérapeutes non psychologues et non psychiatres. Cela pose une autre question brûlante : où vont être formés ces psychothérapeutes ? Dans quelles écoles, par quels enseignants, quels experts, avec quels programmes, quelles validations et standardisations des compétences et évaluations finales ? A l’heure actuelle, les écoles de formation privées ne sont absolument pas préparées à cela et c’est un énorme chantier qui doit être envisagé pour tout revoir de A à Z.

Cela implique de repenser totalement tout ce secteur d’enseignement aujourd’hui très hétéroclite. Ici encore, la Belgique, loin d’être à l’avant-garde européenne, a surtout démontré son goût de l’absurde. En France, au Québec, récemment au Grand-Duché de Luxembourg, il a été décidé de laisser la pratique de la psychothérapie à des universitaires psy (psychologues, psychiatres) dont les systèmes de formation, bien qu’imparfaits sans doute, existent déjà et garantissent un niveau de formation homogène et les même exigences pour tous. On n’a pas été recréer tout un volet « psychothérapie » distinct, à grands coups de dépenses publiques, accessible moyennant une formation théorique de première année d’unif et un statut non remboursé par la sécurité sociale.

Conclusions

Cette loi n’est absolument pas équilibrée et les grands perdants sont les futurs usagers en soins de santé mentale belges et les psychothérapeutes. La loi de 2014 semble totalement paradoxale et absurde dans sa logique de double volet. Pour l’usager d’abord qui sera toujours confronté à des professionnels proposant sensément la même chose (de la psychothérapie) tout en disposant de niveaux de formation complètement hétérogènes.

Pour les futurs psychothérapeutes auxquels cette loi, qui est sensée protéger une pratique sensible, laissera le choix personnel d’une formation théorique très légère pour accéder à la même pratique que des psychologues ou des psychiatres ; mais aussi et surtout qui vont se retrouver dans un statut totalement désavantageux pour eux.

Pour les finances publiques qui doivent s’attendre à des dépenses importantes pour un résultat assez vain.

Nous devrions donc être très nombreux à nous réjouir de ce que la Ministre Maggie De Block repasse sur cette loi, en espérant qu’elle saura reposer intelligemment de bonnes bases pour ce secteur d’activité tellement sensible dans lequel la Belgique semble être passée à côté de l’essentiel.

Jérôme Vermeulen, psychologue
Webmaster du site http://www.lepsychologue.be »

 

 

Source: https://www.lepsychologue.be/accueil/maggie-de-block-modifie-la-loi-sur-la-psychotherapie-en-belgique.php

Le burn-out : maladie professionnelle ?

« Le burn out a fait l’objet d’une reconnaissance, dans le cadre de la loi sur les risques psycho-sociaux, entrée en vigueur il y a un an. Mais est-ce une maladie professionnelle ?

-Loi sur les risques psycho-sociaux : un an après
-Harcèlement au travail : de la responsabilité des tiers

Comme le confirmait le sociologue du travail (UCL) Bernard Fusulier, dans un entretien accordé au journal Le Soir fin juillet, le burn-out est devenu un véritable phénomène social. Il constitue un indicateur d’un certain malaise dans l’univers professionnel, devenu globalement plus stressant. S’il fait aujourd’hui l’objet de davantage de reconnaissance, le burn-out fait-il partie des maladies professionnelles reconnues ? La réponse est non !

Risque professionnel

La législation sur les risques psycho-sociaux, entrée en vigueur le 1er septembre 2014, qui complète la loi du 4 août 1996 relative au bien-être des travailleurs, reprend en effet le burn-out, de même que le stress, comme risques professionnels réels. Mais elle ne les classe pas dans la catégorie des maladies professionnelles. Celles-ci sont établies par arrêté royal et reprises sur une liste afférente. Si un employé développe l’une de ces maladies, par exposition dans le cadre de son poste de travail, on parle de « présomption irréfragable ». Six groupes de maladies sont reconnus : celles causées par des agents chimiques ou des agents physiques, les maladies de la peau, pulmonaires, infectieuses et les autres… D’autres maladies ne se trouvant pas dans cette liste, peuvent en effet être reconnues comme ayant été développées suite à une exposition professionnelle directe. Mais il faut en apporter la preuve. C’est le système dit « ouvert ».

Prévenir, plutôt que guérir

Si le burn-out peut certes se développer explicitement au sein d’une activité professionnelle, il n’est actuellement pas reconnu comme maladie professionnelle. Néanmoins, l’employeur doit désormais le prendre en compte dans son analyse des risques psycho-sociaux. Mieux, il doit faire en sorte de prévenir ce type de risque en identifiant les défaillances de l’organisation du travail, susceptibles d’entraîner cette problématique. L’enjeu est de taille, puisque les troubles psychiques représentent la première cause d’invalidité, avec 93 000 cas par an. Il s’agit d’un accroissement de 70% en 10 ans ! Dans une étude publiée en janvier par Securex, 95% des employeurs reconnaissaient avoir une responsabilité importante dans le burn-out de leurs travailleurs.

Bientôt reconnu en France ?

En France, des tentatives visant à faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle sont en cours. Le nouveau texte discuté au Sénat indique actuellement que « les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladie d’origine professionnelle », ce qui ouvre la possibilité de reconnaissance du burn-out. Il devrait aboutir sur une décision en 2016. En Belgique, si le burn-out devait être reconnu, les travailleurs bénéficieraient d’une allocation plus élevée que celle allouée par l’INAMI. En revanche, cela aurait un impact considérable sur le Fonds des maladies professionnelles, qui ceci dit, n’est plus toujours en phase avec l’évolution de la société… Affaire à suivre. »

Un article de Sandra Evrard dans Guidesocial.be du 31/08/15

Vous voulez tester votre risque au burn out?

Le burn-out professionnel coûterait plus cher que le chômage

« La Belgique a connu un record de travailleurs malades en 2015. Une situation que la ministre de la Santé Maggie De Block considère comme problématique et dont les causes se trouvent essentiellement dans le burn-out.

Au total, la Belgique compte au total 335 000 travailleurs malades de longue durée, soit 8% des personnes actives. Le coût des travailleurs en incapacité s’élève à plus de 6 milliards d’euros face à des allocations de chômage en baisse de 5,7 milliards d’euros. Les travailleurs malades reviennent donc cette année plus chers aux autorités que les chômeurs. Il apparaît aussi qu’un tiers de ces travailleurs malades souffrent de burn-out. Quelles pistes envisager pour mieux contrer le problème ? Le monde de l’entreprise, le gouvernement et les professionnels de la santé sont concernés par la question.

Responsabiliser l’employeur

Le burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel doit être pris en charge par des actions de prévention à déployer sur le lieu de travail. Un avis partagé par des spécialistes de la santé mais aussi par les mutualités socialistes, dont Solidaris qui plaide pour la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle afin de responsabiliser plus l’employeur. Car, si les indemnités de maladie longue durée relevaient des cotisations patronales, les managers mettraient en œuvre les moyens nécessaires pour éviter la spirale infernale qu’est celle du burn-out à ces travailleurs.

« Pas tellement une maladie professionnelle »

Pour le gouvernement, il ne s’agit pas directement d’une maladie professionnelle mais plutôt d’affirmer que le travail est l’une des causes du burn-out. Cet état nécessite plutôt de prendre des mesures préventives, comme avec le fonds des maladies professionnelles, selon la ministre de la Santé Maggie De Block.

Un mal être nécessitant souvent l’aide d’un professionnel

Le remède miracle n’existe pas mais les professionnels de la santé peuvent accompagner leurs patients dans cette démarche. Comment ? En amenant dans un premier temps le patient à réaliser un travail sur soi, prendre soin de soi, se reposer, retrouver les plaisirs simples de la vie, avoir une activité physique,…L’avis d’un psychothérapeute peut aussi être complémentaire. Ils permettra de faire un travail en amont et comprendre ce qui a mené au burn-out afin de mettre en place des stratégies pour éviter que cela ne se reproduise, par exemple en organisant son travail autrement, en ayant des attentes moins importantes,…

Un questionnaire pour détecter de manière précoce le burn- out

Cet outil de prévention a été développé par l’université de Liège en collaboration avec SPMT-Arista, le Service externe de prévention et de protection au travail qui intervient auprès de quelque 18.000 entreprises belges. En place depuis mars, le test est uniquement utilisé lorsqu’il y a une suspicion de burn-out. A l’avenir, il devrait être généralisé de manière automatique à tous les travailleurs. »

Article de Guide Social.be du 22/12/15

Burn-Out : Comment j’ai choisi mon psychothérapeute

Un témoignage intéressant et parlant:

« Je n’ai pas choisi mon thérapeute à la légère. Je ne connaissais pas les techniques correspondant à chaque type de thérapie et je n’ai pas eu le courage, ni l’envie de m’y attarder. »

« Le critère de sélection qui allait guider mon choix était l’expérience. »

« Il me fallait une personne mûre en face de moi, avec de l’expérience, de la sagesse, de l’humilité, de l’écoute et suffisamment de recul. »

« Je choisirai le psychothérapeute qui sait chercher et rechercher avec moi les failles de ma personnalité et de mon parcours, qui m’ont conduite à l’épuisement professionnel. »

« Je choisirai le psychothérapeute qui dialogue et qui ne détient pas la vérité ; celui qui accepte de se tromper aussi. »

« Je me suis tout de suite mise en contact avec une personne »… qui m’a été recommandée par une association spécialisée dans le burn-out:

J’ai pu contacter 3 spécialistes et la première question que je leur ai posée était la suivante :

« Est-ce que vous traitez les cas de burn-out et d’épuisement professionnel ? »….

Pendant 8 mois, mon psychothérapeute et moi avons travaillé sur ma personnalité, sur des mécanismes et des habitudes bien ancrés qu’il a fallu défaire. Des injonctions liées à l’éducation qu’il a fallu lever.

Mo thérapeute … »est quelqu’un de mûre, avec une expérience certaine de la vie et beaucoup de profondeur. C’est quelqu’un en qui j’ai eu confiance car elle a su relever justement ce qu’il fallait résoudre. Le dialogue s’est installé aisément et je me suis sentie comprise… »

« Aujourd’hui, j’ai cessé d’aller la voir. J’ai eu besoin de recul et surtout, de m’éloigner de moi-même ; faire des introspections est fatiguant, mais nécessaire, voire vital. Quand bien même, j’ai eu besoin de légèreté et de vivre à nouveau ce vers quoi me guide ma nouvelle énergie. »

« Comprendre, digérer, accepter est une chose. Mais il est essentiel de bien l’avoir intégré. »

« Je sais que je ne suis pas à l’abri et que j’ai toujours besoin de faire des retours sur moi-même. »

« J’ai appris surtout qu’il faut être à l’écoute de son corps, qu’il faut connaître ses limites et que se faire respecter, ça s’apprend. »

« Exister en vivant et en réalisant ses propres désirs, c’est un travail de longue haleine.Et quelquefois, il faut passer par des épreuves aussi dures que le burn-out pour reconnaître que l’on n’était pas sur le bon chemin. »

« Aujourd’hui, je suis en bonne voie, car à jamais plus proche de ma voix intérieure ! »

 

Un témoignage de Stéphanne sur http://stephanne.over-blog.com/article-13839896.html